Avoir 16 ans : le muffin de la culpabilité

20 août 2022 - Rosalie

Vendredi. J’ai ma semaine dans le corps, une grosse fringale dans le ventre et plus rien à manger. Je trouve quelques sous dans le fond de mon sac pour m’acheter un muffin à la cafétéria.

 

Petite voix dans ma tête qui sort de nulle part : Wô minute ! Tu ne vas quand même pas acheter ça ?! Ton muffin est emballé dans trois tonnes de papier cellophane, ça fait beaucoup trop de déchets !

Moi : Oui, mais j’ai vraiment faim et c’est ma seule option…

Petite voix dans ma tête qui sort de nulle part : Tu es censée montrer l’exemple, produire le moins de déchets possible. Tu te contredis ! Pas fort de la part d’une écolo…

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Au final, j’ai mangé mon muffin. Mais dans ma tête, la petite voix continuait à se faire aller le mâche-muffin. J’avais beau me répéter que ma collation n’allait pas provoquer la fonte de la calotte polaire à elle seule, je me sentais coupable. Moi qui milite pour la cause environnementale, j’avais l’impression d’être une hypocrite.

En parlant avec mon entourage, j’ai réalisé que je ne suis pas la seule à ressentir cette culpabilité militante. Plusieurs ont aussi le sentiment de ne jamais en faire assez pour les causes qui leur tiennent à coeur, que leurs gestes ne suivent pas toujours leurs paroles.

Peut-être qu’au fond, ça n’existe pas, le militantisme exemplaire. Peu importe qu’un écolo produise des déchets une fois de temps en temps, qu’une végétarienne mange de la viande à l’occasion, qu’une féministe ne maîtrise pas encore complètement le concept de masculinité toxique… Ça n’enlève rien à leurs convictions bien présentes ! Juste le fait d’être sensible aux différents enjeux de notre société, c’est déjà un premier pas, non ?

Il faut accepter qu’on fait ce qu’on peut, avec le temps et l’énergie dont on dispose. Sans se taper sur la tête. Donnons-nous la chance d’apprendre, de bien comprendre le monde qui nous entoure, afin de nous améliorer. Tout ça nous permet de relâcher la pression.

Après tout, nul besoin d’être irréprochable pour s’impliquer ! Au fond, le militantisme, c’est comme la vraie vie. On zigzague entre les bons coups et les moins bons. C’est loin d’être parfait, mais au moins, on essaie !

Alors chut, petite voix. Laisse-moi manger mon muffin tranquille. Demain, je n’oublierai pas mes noix en vrac dans mon sac réutilisable, promis ! 😉

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Une réponse à “Avoir 16 ans : le muffin de la culpabilité”

  1. Irène dit:

    Ce numéro attire l’attention. Il est d’actualité et nous ouvre sur l’éthique universelle.