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Florence Allain est étudiante au doctorat en pharmacologie à l’Université de Montréal.

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Pourquoi devient-on dépendant (ou pas) à une drogue ? 

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Le patrimoine génétique, la nature de la drogue, l’environnement dans lequel on vit (une personne exposée à la drogue dans son cercle d’amis, par exemple), mais aussi la façon dont cette drogue est consommée. C’est-à-dire la quantité consommée, la fréquence de consommation et la rapidité à laquelle la drogue arrive au cerveau : les variables pharmacocinétiques. C’est ce que j’étudie.

Concrètement, comment mesurez-vous l’effet des drogues sur le cerveau ?

J’utilise des rats. Des cathéters sont implantés dans la veine jugulaire de l’animal. Les rats sont ensuite placés dans des cages, munies d’un levier qui délivre de la drogue (cocaïne). Ils ont le choix d’appuyer ou non. C’est donc une prise de drogue « volontaire ». L’injection de drogue se fait directement dans le sang par intraveineuse. Un groupe de rats reçoit « sa dose » en cinq secondes, l’autre, plus lentement, en 90 secondes. On évalue ensuite les symptômes de toxicomanie, en augmentant graduellement le nombre d’appuis nécessaire pour obtenir de la drogue. L’animal qui développe une motivation excessive (toxicomane) persistera jusqu’à obtenir la cocaïne.

Vos observations ?

Plus la drogue chemine rapidement au cerveau, plus les rats s’obstinent à appuyer sur le levier (donc, plus le risque de dépendance est élevé). Dans le cas de la cocaïne (pour l’humain), la dépendance est plus rapide si la drogue est fumée ou injectée. Si elle est prise de façon orale ou nasale, les risques de toxicomanie sont moindres, mais ils sont toujours là évidemment.

On peut jouer sur cette composante pour développer des traitements. Les fumeurs créent une très forte dépendance à la nicotine. Inhalée, donc, c’est une drogue particulièrement addictive. Et pourtant, on utilise cette même nicotine pour les traiter lorsqu’ils souhaitent arrêter. Mais on leur administre par une voie moins rapide : les timbres thérapeutiques (les patchs). Mieux on comprend les changements cérébraux associés à la consommation de drogue, plus grandes sont nos chances de trouver un traitement pour guérir les gens qui développent ce genre de dépendance.

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