Pop ! Pop ! Populaire !

5 novembre 2018 - Marie-Pier Tremblay

Être populaire. Aimé par beaucoup (beaucoup) de personnes. Apprécié par une majorité d’élèves de son école. Avoir des amis… des tonnes d’amis ! Plusieurs en rêvent.

Surtout à l’adolescence. Parce qu’on accorde beaucoup d’importance aux pairs et à leur approbation, note Mara Rosemarie Brendgen, professeure de psychologie à l’UQAM. Être accepté par les autres, c’est un impératif. Être populaire, c’est le summum !

Mais pas tout le temps…

Les recherches démontrent qu’il existe deux types de popularité : la vraie popularité et la popularité perçue. Quand on demande aux gens de nommer les personnes qu’ils aiment, les réponses ne sont pas les mêmes que lorsqu’on leur demande de nommer les élèves qui, selon eux, sont les plus populaires.

QUELS SONT LES FACTEURS QUI AMÉLIORENT NOTRE COTE D’APPRÉCIATION AUPRÈS DES AUTRES ?

Oui, l’apparence physique, les habiletés sportives, le milieu duquel on provient peuvent influencer la perception de l’entourage. Mais ces éléments sont franchement secondaires. Le facteur primordial, c’est le comportement. Aider les autres, résoudre des conflits, être un leader positif… tout cela compte pour beaucoup.

Deux types de popularité

Sympathique

  • Aimable, sociable.
  • Pas nécessairement connu(e) de tous, mais sympathique avec tout le monde.
  • Sait établir de belles relations.
  • Tous ceux qui le ou la connaissent l’apprécient, c’est de la VRAIE popularité.
  • À l’âge adulte : plus de chances de vivre de beaux succès professionnels, amoureux et amicaux. Une belle confiance en soi.

Cool

  • Connu(e) de tous, parfois agressif(ve).
  • Accorde beaucoup d’importance à son influence sur les autres. À son nombre de « followers » sur les réseaux sociaux. Transgresse parfois les règles (petit côté rebelle). Certain(e)s utilisent même une forme d’agressivité sociale (intimidation, rejet de certains élèves) pour élever leur statut.
  • Tout le monde le ou la connaît, mais ce n’est pas tout le monde qui l’aime.
    C’est de la popularité PERÇUE.
  • À l’âge adulte : risques d’anxiété et de relations difficiles avec les autres.

Y A-T-IL DES DÉSAVANTAGES À ÊTRE POPULAIRE ?

La popularité est parfois associée à une plus grande consommation de substances illicites ou de comportements sexuels à risque, selon certaines études.

Simplement parce qu’une personne populaire a plus d’opportunités ! Elle a plus de chances de se trouver un(e) partenaire amoureux(se) et d’avoir une vie sexuelle active, avec les risques que cela comporte. Et elle est plus souvent invitée dans les partys (où circulent drogues et alcool).

SI JE NE SUIS PAS POPULAIRE, EST-CE QUE JE DOIS M’INQUIÉTER ?

Pas du tout ! « Le fait de ne pas être populaire veut simplement dire qu’on est moyennement visible. La majorité des jeunes ont des amis, mais pas tant que ça. Ils ne subissent ni harcèlement ni intimidation. Ils sont simplement bien acceptés, et c’est correct. Le problème, c’est quand on est directement rejeté par les autres. Ça peut mener à des risques d’intimidation, de décrochage, de dépression et de mauvaise confiance en soi », explique Mara Rosemarie Brendgen.

C’est aussi ce qu’on observe dans le monde animal (d’où nous provenons, rappelons-le !). Oui il y a certains individus dominants, mais l’important pour survivre, c’est d’éviter d’être rejeté par le groupe.

LA MORALE DE L’HISTOIRE, C’EST D’ÊTRE GENTIL AVEC TOUT LE MONDE ?

Ça fait un peu enfantin, mais oui, c’est en plein ça ! On a le droit de rêver d’une grande renommée, ou d’espérer que nos photos Instagram seront aimées par des milliers de personnes, mais il vaut mieux ne pas trop se casser la tête avec la popularité.

La clé, c’est surtout d’être agréable et de prendre soin des autres. On ne deviendra peut-être pas la personne la plus connue de toute l’école, mais on maximise nos chances d’avoir des relations saines avec la majorité de nos pairs.

L’INFLUENCE DE LA POPULARITÉ EN LIGNE

Il a été démontré qu’un grand nombre de « j’aime » incite à télécharger… même une mauvaise chanson ! On a également observé que des images de comportements à risque sur Instagram déclenchent dans le cerveau une alerte « attention danger »… SAUF si elles sont « aimées » par un grand nombre d’utilisateurs. Ouaip, notre cerveau est aussi faillible que ça !

Texte : Philippe Marois

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