Neurosciences et bienveillance : aider les autres, ça fait du bien !

13 novembre 2020 - pauline maudelonde

Les neurosciences mettent en lumière les bénéfices personnels de la bienveillance. Elles nous disent aussi pourquoi aider les autres nous fait du bien.

Pas de stress

Vous hésitez entre apporter votre soutien à une personne en particulier ou donner à une oeuvre caritative ? La première option est nettement meilleure pour la santé. C’est ce qu’ont conclu Tristen Inagaki et Lauren Ross, de l’Université de Pittsburgh, aux États-Unis.

Les chercheuses avaient déjà observé les effets bénéfiques d’un geste bienveillant sur les zones du cerveau associées au stress et à la récompense.

Par quel mécanisme ? Ça, c’était moins clair.

Pour le savoir, les scientifiques ont mené une expérience, a priori fort simple. Elles ont offert à 45 participants le choix entre :

1. Donner de l’argent à une personne dans le besoin.

2. L’offrir à une fondation, pour aider une cause.

3. Le garder pour soi.

Chacun devait ensuite expliquer sa décision et ce qu’il éprouvait, pendant un examen d’imagerie par résonnance magnétique (IRM).

Premier constat : Le striatum ventral, une zone cérébrale associée aux soins (comme ceux qu’un parent offre à son enfant), s’active davantage chez les candidats qui ont fait un don d’argent. Plus révélateur encore : lorsque cette aide est accordée à une personne précise, l’augmentation d’activité du striatum est corrélée à une inhibition de l’amygdale, zone associée à la peur et au stress.

Bref, aider diminue le stress. Aider une personne directement, encore plus. Et comme l’excès de stress est mauvais pour la santé, aider, c’est bon aussi pour le donateur !

Des études américaines révèlent d’ailleurs que la bienveillance serait un gage de longévité. Les chercheurs ont relevé que les personnes âgées engagées dans des activités de bénévolat (leur permettant de prodiguer des soins ou de donner à des organismes, par exemple) vivaient plus longtemps que les autres.

D’autres découvertes des neurosciences sur la bienveillance :

 

Activez le striatum

La professeur Soyoung Park et ses collègues des universités de Lübeck (Allemagne), de Chicago (États-Unis) et de Zurich (Suisse), ont observé des cerveaux en contexte de don. Les chercheurs ont constaté que le carrefour temporo-pariétal s’active davantage chez les personnes plus généreuses. Et cette activation se répercute sur le striatum, augmentant son activité par effet d’entraînement. Plus le striatum était actif, plus les personnes ressortaient heureuses du laboratoire.

 

Généreuse matière grise

Ernst Fehr, professeur et chercheur à l’Université de Zurich, en Suisse, économiste du comportement et neuroéconomiste, a fouillé dans la matière grise pour tenter de comprendre pourquoi certains individus sont plus altruistes que d’autres.

Son équipe a établi une corrélation entre la quantité de matière grise et la propension à donner. Plus une personne possède de matière grise, moins elle a tendance à agir égoïstement.

# Mêmepasmal

Faire plaisir aux autres allège la sensation de douleur physique, qu’elle soit aiguë ou même chronique !

Détournement de bienveillance

Se rendre un peu trop service en rendant service. Donner pour recevoir des honneurs, du capital de sympathie, de la visibilité… Le psychologue américain Daniel Batson a consacré une grande partie de sa vie à étudier l’empathie et l’altruisme. Selon le chercheur, le don totalement désintéressé, purement bienveillant, existe.

Tout comme le geste bienveillant en apparence, mais calculateur. Or, pour bénéficier des bienfaits de la générosité, il faut que celle-ci soit véritablement désintéressée, estime Batson.

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