Pourquoi faire confiance peut être si terrifiant ? [ÉDITO]

29 juillet 2020 - pauline maudelonde

Vous êtes agrippé.e d’une seule main à la paroi. Les pieds ballants au-dessus du vide. En contrebas, vous apercevez les rochers acérés sur lesquels votre corps ira se fracasser en tombant. À un doigt de la chute fatale… il vous tend la main. « Accroche-toi. Fais-moi confiance. » Votre pire ennemi.  Et si c’était un piège ? Pas le temps de réfléchir davantage. Vous refusez : vous mourrez. Vous acceptez : vous mourrez… peut-être.

Est-ce de la confiance ? Non, c’est un calcul de probabilités. Vous prenez sa main.

Faire confiance, c’est souvent terrifiant. Confier quelque chose de précieux à quelqu’un (un secret, une relation… sa vie) en espérant qu’il en prendra soin, c’est miser sur la bienveillance de l’autre et se placer dans une situation de dépendance et de vulnérabilité.

Personne n’aime se sentir vulnérable. Et pourtant, on n’a pas le choix. Sinon pas d’amitié, pas d’amour, pas de collégialité. Rien. Une société a besoin de confiance pour se construire.

C’est vrai pour nos relations interpersonnelles. C’est aussi vrai pour la vie en communauté. Je dois faire confiance à l’électricien, à la plombière, au coiffeur. M’en remettre à leur expertise. Je dois faire confiance aux scientifiques, lorsqu’ils déclarent l’urgence climatique.

Il ne se passe pas un jour sans que je n’accorde ma confiance à quelqu’un.

Et pourtant, c’est devenu de plus en plus difficile. On a de moins en moins confiance.

Les fausses nouvelles, les politiciens désinformateurs, les charlatans de la connaissance et leurs formules miracles ne font rien pour aider. On doute de tout, parce qu’on ne sait plus sur qui faire reposer notre confiance.

Alors, on fait comme au bord de la falaise : on calcule. Que valent les discours d’un président climatosceptique contre le consensus scientifique au sujet de la crise climatique ? Qui de la Santé publique ou de « On Nous Ment – Chevalier de la vérité » fonde ses recommandations sur des informations récentes et validées par des experts ?

On calcule et, si on veut s’éviter des angoisses inutiles, on choisit quelques sources d’information… de confiance. Celles qui, lorsqu’elles commettent des erreurs, parce que ça arrive même aux meilleures, se rétractent aussitôt publiquement.

On abandonne le Chevalier de la vérité dans son sous-sol de Brossard. On laisse le président américain à ses tweets. Parce qu’il y a une différence entre faire confiance et tomber dans la crédulité.

Des suggestions ? Des opinions ? Des témoignages Des réactions ? On veut vous entendre. on jase … ÉCRIVEZ-NOUS: Curium, 4475, rue Frontenac Montréal (Québec) H2H 2S2

Noémie Larouche

Chevalière du journalisme éclairé – depuis son grenier d’Hochelaga

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