C’est le temps d’utiliser l’écriture non genrée !

21 septembre 2021 - Marie-Pier Tremblay

Des écritures non traditionnelles plus inclusives, comme l’écriture non genrée, font leur apparition. Ce sont des outils essentiels à l’amélioration de notre société.

Bucky, 17 ans

 

L’évolution du français oral et écrit me tient à coeur. Particulièrement les questions d’inclusion. J’essaie de faire avancer les choses une personne à la fois. Par exemple, je demande toujours aux personnes quel pronom elles voudraient que j’utilise. La plupart sont déstabilisées par ma question. Ça ne me dérange pas. Je me dis que ces personnes commenceront peut-être aussi à demander les pronoms des gens ensuite.

J’ai découvert depuis quelque temps des écritures non traditionnelles plus inclusives. Je crois que ce sont des outils essentiels à l’amélioration de notre
société. Malheureusement, lorsqu’on parle de français inclusif dans les médias, c’est davantage pour l’inclusion du féminin que pour l’inclusion de la neutralité de genre. Il existe pourtant de nombreuses solutions de rechange.

L’une d’entre elles, la typographie inclusive, m’a particulièrement marqué, autant par son caractère étrange que par son côté avant-gardiste.

Bon, c’est sûr que c’est très différent (bonne chance aux dyslexiques), et qu’il faudrait peut-être apprendre activement à lire cette écriture. Je n’ai jamais vu de textes écrits avec celle-ci, peu de profs utilisent les écritures inclusives, tout comme les élèves de mon niveau, mais j’aimerais essayer de l’apprendre afin de promouvoir son utilisation.

Malheureusement, les seuls textes que j’écris sont pour l’école. J’aurais l’air fin si les profs prenaient cela pour de l’insolence et me donnaient zéro ! Souvent, quand tu es parmi les premiers à faire quelque chose dans un milieu, c’est mal accepté. Je ne sais pas si je suis prêt à me battre.

J’aimerais voir des typographies inclusives dans les magazines, les journaux, les sites écrits par ou pour les jeunes.

J’ai l’impression que ces lieux seraient plus ouverts aux innovations que le système d’éducation. Avoir des exemples concrets convaincrait sûrement quelques personnes de la légitimité de la typographie inclusive. Et elles découvriraient que ce n’est pas aussi compliqué ou choquant qu’elles le pensent.

Après avoir lu le témoignage de Bucky, Josée Tardif, réviseure linguistique (notamment chez Curium !), propose cette réflexion :

Je trouve que tu fais très bien de demander aux personnes que tu rencontres leur préférence en matière de pronoms. On peut ainsi sensibiliser les gens, une personne à la fois, comme tu le fais. Certaines plateformes de réseaux sociaux (Instagram, par exemple) intègrent maintenant la possibilité de choisir son pronom. Radio-Canada utilise parfois le pronom neutre « iel » (et même le logiciel Antidote le recense). C’est à mon avis un grand signe de respect.

Dans mon travail comme réviseure linguistique, on me demande de plus en plus d’utiliser l’écriture épicène, d’abandonner le masculin générique, de féminiser et d’employer des formulations neutres. Mais chaque fois qu’on féminise, on met de côté les personnes non binaires. C’est pourquoi je privilégie le plus possible les formulations neutres, sans marque de genre.

Quant à la typographie inclusive, peu de personnes l’utilisent. Je constate que ça soulève beaucoup de questions, notamment pour la lisibilité des textes.

Les traitements de textes et autres logiciels n’intègrent pas cette typographie. C’est un tout nouvel alphabet à maîtriser, mais il nous ouvre à des possibilités d’écrire plus inclusivement.

Les changements dans la langue se font lentement, et tout ce qui touche au français suscite de vives passions – on n’a qu’à penser à l’orthographe rectifiée, qui n’est pas encore très utilisée dans les médias traditionnels !

Une chose est sûre, l’écriture non genrée et l’utilisation de pronoms neutres seront de plus en plus présentes. Plus on utilisera différents procédés d’écriture, plus ce sera accepté.

Au bout du compte, c’est toujours l’usage qui gagne. Alors, continuons d’en parler et d’écrire de manière plus inclusive. Je t’invite aussi à consulter les guides de rédaction épicène disponibles en ligne.

 

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