Histoire d’ados : Je suis genderfluid
« Je suis né·e dans un corps de fille et j’ai toujours été très féminin·e, donc quand je l’ai annoncé à mes proches, ils ont été très surpris.
Quand ma puberté a commencé, je ne me suis pas senti·e bien dans mon corps. Au début, j’ai cru que c’était normal, que mon corps changeait et qu’il fallait du temps pour m’y habituer. Mais rien n’y faisait.

Je me suis donc dit que j’étais non-binaire. Mais certains jours, je me sentais carrément «homme», et d’autres «femme». J’ai donc découvert le terme genderfluid.
ÇA VEUT DIRE QUE MON GENRE CHANGE SELON LA JOURNÉE.
Quand mes ami·e·s l’ont appris, ils·elles m’ont tout de suite accepté·e. J’ai une amie qui en a parlé avec ses parents, et quand je les vois, ils me demandent quel est mon genre aujourd’hui et utilisent les bons pronoms.
Lorsque j’ai fait mon coming out à mes parents, ils ont eu une tout autre réaction. Ils m’ont dit qu’ils n’utiliseraient jamais un autre pronom que «elle». Ils m’ont dit: «Tu es notre fille et ça ne changera jamais.»
Je ne comprenais pas qu’ils n’acceptent pas ma fluidité, mais que les parents de mon amie, oui. Pourtant, il y a un an de cela, mes parents m’avaient soutenu·e dans le fait d’être bisexuel·le. Je ne comprenais pas en quoi c’était différent d’être genderfluid.
Pendant un moment, je les ai crus, et je me suis dit que ce n’était qu’une phase. Mais je n’étais pas heureux·euse. Puis j’ai lentement repris confiance en moi. J’ai coupé mes cheveux, j’ai commencé à m’habiller et à me comporter selon mon genre du jour. Je me suis même acheté un binder*.
Avec le recul, j’ai compris que mes parents m’avaient toujours perçu·e comme une fille et qu’ils devaient se faire à l’idée avec le temps. La situation est toujours tendue entre nous, mais elle commence à s’améliorer. Donc, à toutes les personnes qui doutent de leur identité de genre, de leur orientation sexuelle ou amoureuse, ayez confiance en vous. VOUS savez qui vous êtes. Vous et personne d’autre. »
Alex**
* Un binder est une camisole qui compresse les seins, permettant aux hommes transgenres, aux personnes non binaires ou aux genderfluid d’aimer plus leur corps.
** Le prénom dans ce texte a été changé par souci de confidentialité.
Après avoir lu le témoignage d’Alex**, Claudine Barrette, psychologue spécialisée dans les questions liées à l’identité de genre, propose cette réflexion:
L’identité de genre est ressentie de l’intérieur. Il n’y a que la personne elle-même qui peut connaître son genre. Cette identité est toutefois généralement confondue avec le sexe assigné à la naissance. Pour beaucoup de personnes, cela devient donc difficile à remettre en question. De plus, notre société a une vision binaire des choses. Pour certaines personnes, il est donc complexe de même envisager que la fluidité de genre existe. C’est confrontant parce que cela change leur vision du monde. D’autres ont aussi l’impression que c’est un phénomène nouveau, alors que ce n’est pas le cas.
Avant le coming out, il est normal que la personne traverse une période de questionnement. Puisque ce processus se déroule à l’intérieur, cela crée un effet de surprise pour l’entourage. Les parents ont aussi souvent l’impression qu’ils doivent faire le deuil de leur enfant… de leur garçon ou de leur fille. Les résistances face à ce changement cachent souvent beaucoup de craintes et d’incertitudes.
Il est important de se respecter, de ne pas se trahir. Il faut d’abord se plaire à soi. Dans cette phase de transition parfois plus difficile avec les parents, il est important de maintenir le dialogue, que chacun·e écoute et s’exprime. Parfois, une aide professionnelle peut favoriser la communication. Alex a raison, les parents ont souvent besoin de temps. Il est aussi important de s’entourer de gens qui nous soutiennent et nous acceptent. C’est la meilleure façon de conserver un bon équilibre.
Je suis gender-fluid je n’ai encore jamais fait mon coming out à mes parents car j’ai encore trop peur, puis plus le temps passe plus le stresse monte mais mes amis me soutiennent, ma meilleure amie est non-binaire puis laisse le pronoms “elle” on s’entend très bien on ne s’appelle jamais par nos deadname puis laisse plupart du temps on est agacé d’entendre nos deadname, certaine personne du collège se fiche de nous avec leurs questions “c’est quoi ton genre?” Puis se moque clairement quand je leurs dit que c’est pas leurs affaires ils partent le dire à d’autre en demandant a des camarades de ma classe car il n’arriver pas à savoir car ma voix n’etait ni trop feminin ni trop masculin pareil pour mon physique, puis j’étais très bien comme ça mais quand les insultes on commencer j’etais juste agacé parce que qu’est-ce que sa leur fasse que je sois un homme ou une femme?! Rien ne change ! De plus se qui m’énerve le plus c’est la phrase “ton genre c’est se qu’il y a dans ton pantalon”. Comme si je ne le savais pas déjà je droit m’occuper de mon corps avec qu’un seul sexe puis ils viennent me le rappeler souvent j’aurais juste aimer n’être intersexe comme ça pas besoin de me poser la question vu que se n’ai ni l’un ni l’autre au même j’aurais aimer que les différents sexes n’existe pas! Au moins plus de problème de “femme”, “homme”,“non-binaire”,“gender-fluid” si il n’y a pas de genre! Mais malheureusement se n’ai pas le cas. Si seulement on pouvait supprimer cette différence plus de questions sur le genre un problème en moins pour moi juste qu’il restera les prénoms ennuyeux mais se n’ai qu’un détail.
Merci de nous avoir partagé ton histoire.
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Tu peux aussi jeter un coup d’oeil au site de l’organisme Alterhéros pour lire des contenus sur l’identité de genre. (et une foule d’autres sujets intéressants!)
Prends soin de toi ! 🙂