Je m’automutile et c’est difficile d’en sortir

17 septembre 2019 - Curium

Par Loup*, 14 ans

L’automutilation, ça peut être causé par plein de choses. Même par un simple commentaire du genre « t’es ben laite! ». Et contrairement à ce que certaines personnes pensent, ce n’est pas un moyen d’attirer l’attention.

Une personne qui se fait du mal n’a pas envie de montrer ses coupures. En fait, elle va essayer de les cacher le plus possible. Les personnes qui hurlent sur tous les toits « hey tchekez ça!!! Hier je me suis ouvert les veines! » ne veulent que de l’attention.

L’automutilation, c’est un appel à l’aide. C’est un problème grave et c’est très difficile de s’en sortir. Moi-même j’ai encore de la difficulté.

Au début (je devais être genre en 4e année) c’était simplement des idées du genre « j’ai plus envie de vivre », « pourquoi je suis en vie ». Mais au fur et à mesure, le temps a passé et ça a empiré. C’est devenu des trucs du genre « meurs donc, grosse marde! », « tu mérites pas de vivre! », « vas te jeter en bas d’un pont! ».

C’était très dur pour moi de vivre avec ça. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait et ça m’inquiétait. Quand j’ai eu 10 ans, j’ai eu envie de me rentrer un couteau dans le ventre à cause de mes problèmes familiaux et de mes problèmes à l’école. Je ne l’ai pas fait.

Moi, j’ai commencé à m’automutiler à la suite d’une peine d’amour. Au début, ça prenait pas beaucoup de place mais avec le temps c’est devenu de plus en plus grave. C’était rendu la seule solution pour me calmer. Encore aujourd’hui je travaille là-dessus et c’es dur. Chaque jour. Mais on peut s’en sortir, nous ne somme pas seuls. Et je sais maintenant qu’il y a toujours de l’aide pour nous.

D’ailleurs, il n’y a qu’une seule chose que je peux conseiller quand on a ce problème. Je sais que c’est dur mais… il faut en parler. Si tu lis ce texte et que tu te sens concerné(e), parle. T’es pas seul(e).

*nom fictif par souci de confidentialité

Réponse de Dr. Leroux, psychologue:

L’automutilation, qui consiste à blesser volontairement son corps, peut prendre différentes formes. La plus commune est de se couper, mais se frapper, se brûler, se mordre ou se griffer en font aussi partie.

En posant ces gestes, vous dirigez votre attention vers la douleur du corps, ce qui permet « d’oublier » temporairement la douleur psychologique. Lorsque le corps est blessé, il produit des endorphines pour tolérer la douleur. Il s’en suit un effet calmant et de bien-être. Mais attention, si cela soulage sur le coup, cette façon de réagir n’est pas une stratégie gagnante. Elle laisse des marques, amène un isolement dû à la honte et au fait de cacher ses blessures. Et surtout, ça ne permet pas de trouver des solutions.

Pour cela, il faut comprendre ce qui amène à réagir ainsi. Il faut apprendre à identifier les émotions et savoir comment les gérer. Il faut trouver des façons de faire face au stress ainsi que des stratégies pour aller mieux. Votre meilleur allié pour ça, c’est un professionnel de la santé.

Si cette démarche est difficile, un premier pas pour s’en sortir serait d’en parler à une personne de confiance. Sur le site internet de Jeunesse, J’écoute, on retrouve plusieurs conseils pour la personne qui s’automutile mais aussi pour les proches qui voudraient l’aider. Les intervenants ne posent pas de jugement ; ils comprennent que c’est un appel à l’aide. Vous êtes importants, peu importe votre vécu.

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