Une enquête à la fine pointe
Le top 3 des erreurs des séries policières
(selon Vincent Mousseau, professeur en science forensique à l’Université du Québec à Trois-Rivières.)
- La temporalité
Ça prend plus que 52 minutes pour résoudre une enquête ! Avant d’arrêter un ou une suspect·e, il faut obtenir des mandats de perquisition, composer avec les délais d’analyse des laboratoires et bâtir un dossier solide. - La certitude absolue
Les preuves infaillibles n’existent pas ! Toute enquête comporte son lot d’incertitudes. Les spécialistes ne font pas d’affirmations, mais plutôt des estimations probabilistes. - Le super-expert
Oubliez le cliché du détective solitaire qui fait tout. En réalité, l’enquête est un travail d’équipe : technicien en identité judiciaire, biologiste, patrouilleur,
enquêtrice, etc.

Détectives en herbe
Il n’y a pas que la technique policière qui mène à la résolution de crime. D’autres expertises sont souvent utiles : informatique, criminalistique, chimie, biologie, physique…
Selon Vincent Mousseau, l’important, c’est d’acquérir les bases de la méthode scientifique : savoir poser des hypothèses et reconnaître les limites de nos conclusions.
Même si les technologies évoluent rapidement, le cerveau humain reste l’outil le plus puissant dans toute enquête ! Aucune technologie ne bat encore la créativité et l’instinct des équipes sur le terrain.
Pollen à la rescousse !
En 2002, les corps de deux jeunes sont retrouvés dans un fossé proche du village de Lakenheath, dans l’est de l’Angleterre. Le terrain est envahi de hautes orties. Pourtant, la police ne retrouve aucune trace de pas ou de plants écrasés sur les lieux du crime. Comment est-ce possible ?
Dans l’impasse, la police fait appel à Patricia Wiltshire, alias Pollen Pat. Cette experte des pollens résout les crimes les plus insolubles grâce aux traces végétales.
En explorant le fossé, Patricia remarque de petites pousses latérales sur les tiges de certaines orties. Or, ce phénomène se produit uniquement lorsque la plante a été piétinée.
En mesurant la taille de ces pousses, elle parvient à estimer la date de leur piétinement, et donc le moment où les corps ont été déposés. Elle détermine également le chemin emprunté par le ou la criminel∙le.
En suivant cet itinéraire, elle découvre le cheveu d’une des victimes, accroché à une brindille.
Ces indices orientent la police vers un suspect : le concierge d’une école secondaire à proximité. Sur les chaussures et dans la voiture de cet homme, Patricia trouve du pollen correspondant à celui du fossé. C’est bien le meurtrier !
En 30 ans, Pollen Pat a contribué à résoudre des centaines d’enquêtes criminelles à travers le monde. Elle a aussi développé un protocole d’irrigation des voies nasales afin d’extraire les derniers grains de pollen respirés par les victimes. Ce protocole lui a valu un deuxième surnom : The Snot Lady (la dame morveuse).
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