Avoir 18 ans

9 février 2018 - Curium

Par Jessy Grenier

 

Tout le monde ici présent a déjà joué au golf dans sa vie ou en comprend du moins le fonctionnement. Que ce soit avec un bâton en fer ou en bois, l’important, c’est de mettre la balle dans le trou.

Je suis dorénavant majeur. Eh oui. Devenu grand (oubliez en terme de taille, mon petit frère me dépasse d’au moins une tête. Que voulez-vous.). Une panoplie d’événements m’a fait grandir cette année.

À commencer par l’obtention de mon permis de conduire et l’acquisition de ma première voiture. (Les ingrédients idéaux pour faire pleurer ma mère, soit-dit en passant). J’ai vite appris que la route regorgeait, voire même débordait (je suis à court de synonyme) de chauffards! Si on ne se fait pas dépasser sur une ligne double, dans un virage ou encore à 120 km/h, on se fait couper en sortant du service au volant. Un beau coup d’un trou sur la patience… Tout ça, même si je conduis une toute petite voiturette à quatre cylindres… Imaginez ce que doivent vivent au quotidien les conducteurs de gros véhicules! J’ai également remarqué que les phares des voitures sont de plus en plus puissants. C’est bien de vouloir voir quelque chose en avant, mais éclairer la lune, c’est peut-être un peu exagéré? Je crois qu’elle est assez grande pour briller d’elle-même.

En résumé, à tous ces gens qui s’obstinent à dire que les nouveaux conducteurs sont tous imprudents et qu’ils sont responsables de tous les accidents qui surviennent sur nos routes, interrogez-vous un instant. Peut-être que les conducteurs expérimentés ne laissent pas leur place.

Puis, je ne vous cacherai pas que ma graduation a été une grande étape dans ma vie : la rupture officielle d’avec mon secondaire. Laissez-moi vous avouer un petit quelque chose… Le bal des finissants, à mon sens, est étrange. Très étrange. Bien que le travail des organisateurs cette soirée-là fut sublime (décorations, repas, ambiance, etc.), certains éléments m’ont surpris et même révoltés. Des amies que je ne voyais jamais maquillées durant l’année scolaire l’ont fait pour cette journée supposée changer nos vies à jamais. D’un coup, leur conviction d’être belles au naturel avait disparue. Désolé, mais je les ai vues, vos paupières qui menaçaient de s’effondrer tellement vous ne supportiez pas le mascara. Je les ai également vus, vos petits pieds endoloris, rougis par ces foutus talons hauts. Je vous ai aussi vu travailler durant de longues heures pour vous payer cette robe que vous ne reporterez probablement jamais. Au prix que vous avez payé ce tissu au mille et une paillettes, vous auriez peut-être pu vous procurer un carrosse pour y trimballer, je ne sais pas, moi… Peut-être un peu plus de confort et de vous-mêmes?

On ne devrait pas traîner ces standards de beauté avec nous. Laissons-les tomber dans l’herbe haute, pour les oublier à tout jamais. Pour notre look le jour du bal, nous, les jeunes hommes, nous avons également du progrès à faire. Certains ont mis des cravates (et ont demandé à leur père de la nouer ou bien se sont renseignés sur le Web pour le faire) alors qu’ils disaient ouvertement la veille qu’ils détestaient ces bouts de tissus qui les étranglaient. Et puis… Laissez-moi vous dire un petit mot sur les complets.

(Maintenant, faites place aux confidences que tout le monde chuchote à voix basse, mais que personne n’a le courage d’étaler au grand jour.)

Les complets vont comme un gant à certains d’entre nous. Ils s’y sentent à l’aise, sont fiers, et tout va comme sur des roulettes. Tandis que pour d’autres, c’est tout le contraire. Pour ma part, j’avais plutôt l’air d’un vendeur d’assurances louche avec un pantalon noir et un veston gris. Un veston avec des jeans propres? Ok. Mais, l’ensemble en entier? Bouh. (Ça aussi, c’était bien étrange, croyez-moi.) Je suis pourtant persuadé que quelques garçons auraient eu beaucoup moins chaud et auraient été beaucoup plus à l’aise sans porter cet « uniforme officiel »

Dans un tout autre ordre d’idée, le fameux débat sur le bolide qui vous escortera, est-ce qu’on peut l’éviter cette année? Que vous arriviez en hélicoptère, en calèche, en limousine ou bien en vélo, c’est vous, le beau bonhomme que l’on veut voir, pas l’auto! Vous aurez amplement le temps d’impressionner l’élu(e) de votre cœur durant la soirée si vous en avez le désir, comptez sur moi.

Que ce soit cette pression d’être une Juliette ou bien un Roméo ou bien encore ces folles dépenses plus ou moins justifiables (difficiles lorsque nous sommes étudiants), tout était disproportionné en cette journée de juin. Mais bon. Je ne referai pas le monde aujourd’hui. J’ai toutefois retenu quelque chose de primordial ce soir-là : Ce n’est pas le nombre de points cumulés dans une partie qui fait de nous un meilleur golfeur, mais bien le plaisir que nous apporte cette dernière qui compte. (Sage parole, hein?).

J’avais beau me foutre la tête dans la fosse de sable en travaillant plus de quarante-cinq heures par semaine (oui, bon. Jouer à l’autruche, on le fait tous un jour ou l’autre), le temps avançait et me poussait à grands coups de trotteuse à aller m’instruire. Je dois vous avouer que j’étais affublé d’un titre qui ne m’allait pas. Un adulte. Un choc, une épreuve qui me paraissait insurmontable. J’avais l’impression que le gazon me glissait sous les pieds.

En fin de compte, la vie m’a entraîné un étage plus bas que l’an dernier! Au centre de formation professionnelle Le Granit. Qui l’eut crût… Qu’est-ce qu’un jeune homme ayant une moyenne générale avoisinant les 90% allait bien faire au DEP? Il devait être fou! J’ai eu droit à des amis outrés et à une tonne de remarques désobligeantes… Encore une fois, il y avait une leçon à tirer de ces événements. Ne jamais changer pour qui que ce soit. Si j’avais écouté tous ces gens, j’aurais assurément fini au CÉGEP dans un programme qui ne m’irait probablement pas. Que ce soit pour votre nouvelle flamme, votre patron ou votre ami(e), il faut à tout prix restez-vous-même. Je peux vous le garantir, vous êtes resplendissant(e) ainsi.

Premier baiser, premier repas en couple, première pleine lune sous les étoiles main dans la main, première peine d’amour (loin d’être agréable, autant pour une fille qu’un garçon, semblable à un coup de bâton sur le tibia, et personne ne peut voir l’ecchymose). Voilà un sujet sur lequel je ne désire pas m’attarder ici. Un sujet trop épineux et trop complexe pour que je puisse émettre un conseil. Mis à part peut-être le suivant : l’authenticité, la communication et le respect de l’autre représentent mes trois mots d’ordres en amour. Je suis persuadé qu’ils sont essentiels à une bonne relation. Soit dit en passant, oui, je suis présentement célibataire, mais je n’ai pas l’intention de vivre avec une horde de chats et de perdre la boule… J’en ai marre de ce discours-là. Voilà tout.

Pour les besoins de la cause (et la quantité d’encre utilisée pour imprimer ce texte), je vais m’arrêter ici. Inutile de vous dévoiler davantage ma vie. Vous en avez assez entendu. Avoir 18 ans, c’est posséder une année de plus qu’à 17. Oui. C’est tout à fait logique. Même si cela implique que je peux dorénavant aller voter ou bien me procurer des billets de loterie, les changements ne seront pas si drastiques pour autant. Le temps passe, on évolue et on profite de chaque jour pour grandir, apprendre… À tous ces gens qui me racontaient qu’être majeur allait être la plus grosse débauche de ma vie, détrompez-vous. L’anxiété de devenir un adulte pour ma part se fonde plutôt sur la peur de ne pas accomplir suffisamment de projets au cours de l’année, de ne pas assez voyager, de ne pas assez écrire, de ne pas assez rêver… De jeunes adultes responsables et qui ne se retrouvent pas dans les bars aux petites heures du matin, vous savez, ça existe.

C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Moi, je vous dis que c’est en manquant le té plus d’une fois que l’on finit par faire notre trou d’un coup. Chaque jour, la vie nous offre un nouveau parcours, une nouvelle occasion de faire nos preuves, de nous accomplir. Même si j’ai atteint mon 18e tournoi il y a quelques semaines, je continuerai tout de même, mes chers parents, à vous voler vos astuces de pros. Et vous? Qui vous donne envie de crier sur tous les toits vos réalisations? Qui joue le rôle de votre bonne étoile au quotidien?

Bref, grâce à tous ces gens qui m’entourent et m’appuient, c’est avec un sentiment incomparable d’accomplissement et de fierté que j’amorce mon 18e tournoi…

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Une réponse à “Avoir 18 ans”

  1. Anonyme dit:

    👍👍👍👍👍👍👍👍👍👍👍