Le poil, ce mal-aimé…

17 juin 2021 - pauline maudelonde

Avertissement : vous lirez le mot poil plusieurs fois dans ce texte. Parce que pour lutter contre le tabou de la pilosité féminine, rien de tel que d’en parler ! Beaucoup et explicitement.

Il a beau être utile et naturel, le poil en dégoûte plusieurs. Particulièrement lorsqu’il pousse sur un corps de femme. Ce rejet peut même aller jusqu’à la peur : la trichophobie. Et comme la plupart des phobies, celle-ci est irrationnelle.

Le dégoût du poil est avant tout culturel. En remontant le fil de l’histoire, on

@Body Hair Project.

trouve de très anciens rituels d’épilation. À travers les âges, on a brûlé les poils, recouru au sang de chauve-souris ou de grenouille pour empêcher leur repousse, on les a arrachés à la cire, rasés à la lame, éliminés au laser…

Tout ça, généralement sur le corps des femmes. La pilosité est considérée comme un attribut masculin. Par conséquent, les femmes poilues dérangent.

La pression sociale anti-poil est tellement forte chez les femmes que la quasi-totalité des publicités pour produits dépilatoires montre des corps glabres (dénués de poils). Autrement dit, des femmes qui se passent un rasoir ou une bande de cire sur une jambe… déjà épilée ! C’est aussi un marché lucratif : 7,6 milliards de dollars par an, tous produits dépilatoires confondus, à travers le monde.

Le poil, ce militant

© Emrata

Gigi Hadid, Emma Watson, Lily-Rose Depp, Emily Ratajkowski, Miley Cyrus et autres stars prennent la défense du poil et posent en montrant des parties poilues de leur corps. Les mannequins Scarlett Costello et Sophia Hadjipanteli assument un monosourcil particulièrement fourni. Arvida Byström, mannequin et artiste, a posé pour une campagne d’Adidas, jambes poilues en évidence. La marque Billie a récemment réalisé une campagne publicitaire pour ses produits dépilatoires montrant des femmes poilues.

Januhairy en Angleterre, Le Sens du poil en Belgique, Maipoils au Québec… Les mouvements de dédiabolisation du poil essaiment.

Bénévole pour l’organisation Maipoils, fondée au Québec en 2017, Janie

© Instagram/sophiahadjipanteli

Lafrenière défend avant tout le libre choix éclairé : « Sans aucune info sur l’utilité de nos poils, quand nos seules modèles sont des femmes glabres, quand on est jugées si on garde nos poils… pas sûre que l’épilation soit un choix libre et éclairé ! »

Elle dénonce aussi un double standard : « On ne demande jamais à un gars pourquoi il ne s’est pas épilé. Le poil n’a pas de genre, mais sa présence reste moins acceptée chez les filles. »

 

Gigi Hadid:

La pub controversée de Adidas:

 

 

Texte : Sophie Mangalo

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Une réponse à “Le poil, ce mal-aimé…”

  1. Fany dit:

    Merci pour cet article adressé aux jeunes, il fallait bien qu’on entame la discussion!👍