La révolution des machines

10 octobre 2018 - Marie-Pier Tremblay

Les machines bousculent le monde du travail. Dans le passé, les robots ont remplacé nos muscles. Aujourd’hui, les ordinateurs font de la compétition à nos cerveaux.

COUP D’OEIL SUR LE PASSÉ

19e siècle. Le moteur à vapeur et le charbon révolutionnent, pour une première fois, le monde du travail. Vers 1900, les méthodes de production sont à nouveau transformées par l’avènement de l’électricité, du pétrole et des chaînes de montage. C’est la deuxième révolution industrielle. La troisième sera propulsée par l’informatique et la robotisation dans les années 80.

ESPÈCES MENACÉES

Les caissiers sont remplacés par des caisses en libre-service. Moins de journaux à livrer pour les camelots. Les clubs vidéo ? Une espèce en voie de disparition, dévorée par Netflix. Actuellement, les emplois les plus menacés d’extinction sont ceux de vendeurs, de secrétaires et de chauffeurs de camion. Toutefois, le nombre total d’emplois occupés continue à augmenter. Le travail ne disparaît pas, il se transforme.

ET MAINTENANT ?

On assisterait aujourd’hui aux débuts de la quatrième révolution industrielle. « Les algorithmes d’intelligence artificielle (IA), les objets connectés et l’accès aux données numériques pourraient changer la nature de plusieurs emplois », explique Jocelyn Maclure, philosophe à l’Université Laval. Les ordinateurs peuvent maintenant accomplir des tâches auparavant réservées aux esprits. Dans un rapport dévoilé en septembre dernier, le Forum économique mondial prévoit que 52 % du travail, en nombre d’heures travaillées, sera effectué par des machines en 2025. Actuellement ? Robots et ordinateurs font 29 % du boulot !

UN COUP DE MAIN ?

L’intelligence artificielle permet aux robots de réaliser des tâches manuelles de plus en plus complexes. Idéalement, on en tirerait avantage pour éliminer les emplois ennuyants ou difficiles physiquement. « Personne ne rêve de cueillir des fraises sous de grandes chaleurs. Des robots pourraient aisément le faire », croit Margarida Romero, directrice du Laboratoire d’innovation et numérique pour l’éducation et professeure à l’Université Sophia Antipolis, en France.

UN AVOCAT ROBOT ?

Un groupe de recherche à l’Université de Toronto a développé un programme informatique capable d’effectuer des recherches juridiques pour préparer les procès. Cet algorithme scanne en détail tous les procès terminés afin de trouver la meilleure défense. Il remplace le travail que fait typiquement le dernier avocat embauché dans un cabinet.

ET LE MÉDECIN ?

Les radiologues et les pathologistes, dont le travail consiste beaucoup à repérer les signes d’une maladie grâce à l’imagerie médicale, pourront s’allier de puissants programmes d’analyse. Déjà, les algorithmes identifient des cellules cancéreuses dans le foie plus facilement et plus précisément que les médecins !

ÉDUCATION

65 % des emplois qu’occuperont les enfants qui fréquentent présentement l’école primaire n’existent pas encore, d’après le Forum économique mondial ! Comment l’école peut-elle préparer à l’avenir, alors ? En misant sur d’autres compétences (les fameuses, transversales). Exercer l’esprit critique, apprendre la résolution de problèmes, développer des méthodes de travail efficaces, etc. Pour le reste, « les connaissances techniques évoluent constamment et sont facilement accessibles, grâce à Internet », note Margarida Romero.

TOUS PROGRAMMEURS ?

Deviendrons-nous tous programmeurs ? « Non ! rigole Margarida Romero. Les métiers en santé, en éducation et dans les services où l’interaction humain-humain compte pour beaucoup, vont se développer. » Jocelyn Maclure ajoute, pour sa part, que les professions qui demandent de la créativité, comme l’ébénisterie ou la joaillerie, auront encore la cote dans le futur.

À QUI PROFITERA L’AUTOMATISATION ?

À ce jour, seules les grandes entreprises comme Amazon, par exemple, peuvent se doter d’entrepôts robotisés ou d’algorithmes sophistiqués. « Je suis très préoccupé par l’accroissement des inégalités économiques que cela pourrait entraîner », affirme Jocelyn Maclure. Heureusement, M. Maclure et ses collègues travaillent sur des recommandations qu’ils présenteront au gouvernement du Québec pour prévenir la concentration des richesses causée par l’automatisation.

Texte Alexis Riopel

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