Des vêtements qui polluent

16 novembre 2018 - Marie-Pier Tremblay

Craig Reucassel devant des vêtements trouvés dans des déchets. Son documentaire « War on waste » a été diffusé sur ABC

 

Avec leurs soldes incroyables et leurs publicités tapageuses, les grandes chaînes de vêtements nous poussent à renouveler sans cesse notre garde- robe. Comment éviter de tomber dans le panneau du gaspillage vestimentaire ?

On en parle moins souvent que du gaspillage alimentaire, mais le gaspillage vestimentaire est un enjeu de société majeur. L’industrie de la mode a plusieurs squelettes dans le placard. Heureusement, des individus conscientisés – et audacieux ! – proposent des solutions pour contrer les effets néfastes du fast fashion, la mode du prêt-à-jeter.

1- Des vêtements neufs aux ORDURES !

Des journalistes ont découvert que le manufacturier H&M brûlait chaque année jusqu’à 12 tonnes de vêtements invendus ! Au début de 2018, on a rendu publique une vidéo montrant des vêtements de marque celio déchirés volontairement par les employés d’une boutique, puis jetés aux ordures.

Solutions:

Le gouvernement français s’est engagé à interdire aux entreprises de jeter ou de détruire les vêtements invendus. Ils devront obligatoirement être offerts à un organisme de charité.

Certaines compagnies envoient les invendus en Afrique et en Amérique du Sud ou à des associations d’aide aux migrants et aux démunis.

2- Des vêtements qui POLLUENT

Bon an mal an, on produit 80 milliards de vêtements dans le monde. Or, l’industrie textile nécessite l’emploi de produits chimiques (teintures, imperméabilisants, etc.). On utilise également d’énormes quantités d’eau, de pesticides et d’engrais pour faire pousser la matière première comme le coton. De plus, le transport des vêtements entraîne l’émission de gaz à effet de serre. Imaginez le long périple des vêtements de la Chine ou de l’Inde jusqu’à votre boutique préférée !

Il faut 2 700 litres d’eau pour faire pousser le coton nécessaire à la confection
d’un seul t-shirt. Cette eau sert à faire pousser la plante à coton, transformer et transporter la matière.

Solutions:

On peut aussi miser sur des vêtements faits de tissus dont la fabrication exige peu d’eau, d’engrais et de pesticides. Des exemples ? Le lin, le bambou, le chanvre, le lyocell ou tencel (issu de l’eucalyptus). Et pourquoi pas du coton et du polyester recyclés ! Certains designers ingénieux confectionnent des vêtements ou des chaussures à partir d’algues, de champignons, de lait, de fibres d’ananas, et même de gommes à mâcher recyclées !

Et évidemment, il y a des gestes qui font la différence… Moins acheter. Acheter usagé (friperies et boutiques en ligne). Et réparer.

3- Des vêtements qui CROUPISSENT dans les armoires

 

Une personne ne porte, en moyenne, que 25 % de sa garde-robe !

Solutions:

Fouillez et videz les garde-robes trop pleines !

Soyez généreux. Donnez à une friperie ou à un organisme de charité. Plusieurs endroits acceptent les vêtements abîmés. Ceux-ci seront déchiquetés et transformés en chiffons, en isolant ou en matériau de rembourrage.

Soyez rassembleurs. Organisez une séance d’échange de vêtements entre amis.

Soyez créatifs. Transformez vos vêtements endommagés en shorts, en coussins ou en toutous. Des idées-cadeaux géniales !

Soyez futés. Louez vos robes chics et tenues de soirée dans une boutique
ou en ligne.

 

4- Des ouvriers EXPLOITÉS

Dans de nombreux pays en développement, les manufactures (sweatshop) imposent des conditions de travail inhumaines : salaire de famine, heures excessives (14 heures/jour), exposition à des substances toxiques, ateliers surchauffés et mal ventilés…

En 2013, un accident a révélé au monde la dure réalité des ouvriers du textile : l’effondrement de l’usine de textiles Ran Plaza, au Bangladesh, a tué plus de 1 000 ouvriers.

Solutions:

Au Canada, les travailleurs du vêtement sont mieux traités que dans les sweatshops et fabriquent des vêtements de meilleure qualité. Évidemment, ces vêtements coûtent plus cher. Mais vous donnerez ainsi un coup de pouce aux créateurs et aux ouvriers d’ici. Patagonia et The North Face ne recourent pas à des sweatshops.

Texte : Marie-Claude Ouellet

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