Attention cerveaux agités

5 décembre 2018 - Curium

Trouble du déficit de l’attention (TDA/H) : que se passe-t-il dans ces cerveaux qui rendent tantôt distrait tantôt survolté ? Petite incursion anatomique.

Vous avez oublié votre devoir à la maison ? Vous devez relire une même phrase quatre fois avant de la comprendre ? Vous ne tenez plus en place durant le cours (interminable) de géographie ?

Impulsivité, hyperactivité, éparpillement… tout le monde peut présenter un symptôme associé au TDA/H. En revanche, les personnes qui en sont réellement atteintes doivent jongler avec ces contrariétés beaucoup plus fréquemment. C’est tout leur quotidien qui en est affecté.

Le TDA/H est un trouble d’origine biologique. Le quartier général de l’attention et de la régulation des émotions se trouve dans la zone frontale du cerveau. Il y a deux types de neurotransmetteurs impliqués dans la gestion de l’attention et de l’humeur – la dopamine et la noradrénaline.

« Chez les gens atteints de TDA/H, les neurotransmetteurs ne communiquent pas bien leur message aux autres neurones. Ils ne travaillent pas en équipe », explique la Dre Mélissa Sue Sayeur, neuropsychologue à la clinique Churchill.

Le TDA/H entraîne ainsi des difficultés à moduler :

✸ Idées : Inattention

✸ Gestes : Hyperactivité et bougeotte

✸ Comportements : Impulsivité

À chacun son TDA/H !

Le cocktail de symptômes varie en fonction de nombreux facteurs : la personnalité, le tempérament, les vulnérabilités, l’entourage, l’environnement…

« Il existe trois grandes familles dans le TDA/H, explique la Dre Sayeur. Il y a les inattentifs, qui perdent le fil, égarent leurs choses et multiplient les oublis. Il y a les hyperactifs impulsifs qui font des erreurs d’inattention parce qu’ils ne lisent pas bien les consignes et peinent à demeurer assis. Et puis il y a ceux qui ont une combinaison des deux.»

La bonne nouvelle ? Une fois le trouble dépisté, on peut intervenir et réduire les impacts sur le quotidien. Le plus tôt sera le mieux !

« Le médecin ou le psychologue pose le diagnostic à partir de questionnaires standards. Ils peuvent aussi effectuer des tests cognitifs, par exemple, en chronométrant la personne alors qu’elle accomplit certaines tâches exigeant de la concentration. »

L’arsenal des experts 

Les médicaments :  « Les psychostimulants comme le Ritalin « font le ménage » et stimulent les neurotransmetteurs qui ne collaborent pas ensemble autrement », précise la Dre Sayeur.

 

Les supports visuels :  Les aide-mémoire, les alarmes, les post-its, les rendez-vous et rappels inscrits dans le calendrier du téléphone… Tous les outils sont bons pour donner un coup de pouce au cerveau ! « On peut aussi mettre des coquilles sur nos oreilles quand on fait des travaux, afin de ne pas être dérangé par les toussotements incessants du voisin », conseille la Dre Sayeur.

 

Le sport : Faire de l’activité physique libère des endorphines, ce qui aide à la concentration. Il suffit de 20 à 30 minutes par jour pour observer une différence.

 

PLACE À LA CRÉATIVITÉ !

Le TDA/H est souvent associé à une plus grande créativité et à une capacité de trouver des solutions novatrices. Comme elles ont moins d’inhibitions, les personnes qui ont un TDA/H auraient une meilleure capacité à penser de façon divergente.

LA FAUTE AU SUCRE ?

On accuse souvent les additifs alimentaires, le sucre raffiné et les colorants de causer ou d’aggraver les symptômes du TDAH. Aucune étude concluante n’a toutefois permis de confirmer cette hypothèse. Il n’est donc pas nécessaire de vous priver de votre morceau de chocolat quotidien !

Au Québec, 60 000 enfants et 270 000 adultes seraient atteints d’un TDA/H.

• Entre 20 et 30 % des personnes atteintes ont surtout de la difficulté à organiser leurs idées.

• Il y a trois fois plus de cas reconnus de TDA/H chez les garçons que chez les filles. Chez ces dernières, les symptômes d’inattention seraient plus présents que ceux de l’hyperactivité. Cela passe donc plus souvent inaperçu dans une salle de classe.

• Près de 90 % des adultes touchés par le TDA/H ne sont pas traités. La plupart ignorent même qu’ils en sont atteints.

87 % des enfants aux prises avec le TDA/H ont au moins un autre trouble : trouble de l’humeur, trouble anxieux, trouble d’apprentissage ou de langage.

• Pour 50 % à 85 % des enfants diagnostiqués, les symptômes persisteront à l’âge adulte.

Texte: Julie Champagne

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