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Histoires d’ados : Vivre dans le Grand Nord

26 octobre 2026 - Propos recueillis par Lysbertte Cerné iconfb iconth iconbs iconred

Ameelia, 15 ans

« Je suis une métisse à moitié inuite et à moitié nigérienne. J’habite à Kuujjuaq, au Nunavik, dans le Nord du Québec. Ma culture inuite me tient particulièrement à cœur. Elle vient du côté de ma mère.

À l’école, deux fois par semaine, une classe culturelle me permet d’en apprendre plus sur mes racines. D’ailleurs, je ne parle pas encore inuktitut, mais j’y travaille. C’est une langue très complexe.

J’aime beaucoup aller camper. Habituellement, quand les gens du sud font du camping, ils achètent une tente. Ici, nous la fabriquons nous-mêmes! Le tupiq est fait de peaux d’animaux.

La couture est d’ailleurs une autre activité que j’apprécie beaucoup. C’est ma mère qui est la grande spécialiste de la famille. Elle m’apprend à coudre des parkas, des souliers et d’autres vêtements traditionnels de ma nation. Nous utilisons les peaux de renard, de caribou, de phoque et même de lapin dans la fabrication de nos habits et accessoires.

La colonisation nous a appris que c’est plus facile d’acheter, mais nous trouvons une plus grande valeur à fabriquer. Mon peuple est vraiment bon dans la conservation de ce qui l’entoure.

Dans mes temps libres, je suis entrepreneure. Je vends des suvalik, un dessert traditionnel à base d’oeufs de poisson, d’huile de canola et de fruits, comme des fraises ou des raisins. Je les cuisine moi-même, ma famille m’a appris la recette. Je mélange le tout avec mes mains, jusqu’à ce que ça prenne la texture du yogourt. C’est délicieux !

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Plus tard, j’aimerais étudier dans une grande ville, puis enseigner ma culture à travers le monde.

Dans ma culture, nous avons les autres à cœur. J’aimerais que les personnes qui viennent dans notre ville s’intéressent à notre mode de vie, mais surtout qu’elles le respectent. Je suis consciente que mettre les pieds pour la première fois dans le Grand Nord, ça demande une adaptation, mais nous sommes un peuple ouvert et accueillant. Quand on est bien guidé par un local, c’est possible de s’amuser lors d’une visite dans le Nord. »

***

Crédit photo : Lysbertte Cerné

Thorin, 16 ans

« Je suis né à Iqaluit, la capitale du Nunavut. Je n’ai jamais vécu dans le sud du pays. Je préfère la vie ici, dans le vrai Nord ! J’aime ce mode de vie où la nature est toujours à proximité. J’aime le froid. Été comme hiver, je porte des bottes de cowboy et une veste en cuir noir. J’ai un look de rebelle, mais je suis un garçon très doux.

Moi, j’ai la bougeotte. Je suis un élève qui se lève à tout bout de champ, mais j’ai quand même des bonnes notes. Je suis aussi un gars manuel. Dès que je peux, je me rends à la shop de l’école. C’est mon endroit préféré dans l’établissement.

Dans l’atelier, je peux faire de la soudure ou construire n’importe quoi avec du bois. Il y a aussi un espace pour faire de la mécanique. J’apprends à réparer toutes sortes d’engins motorisés. J’ai également le droit de retaper mes propres machines, comme mon snowdog. C’est un genre de tondeuse avec un traîneau et des racks, ça ne va pas très vite. Je crois que c’est populaire en Ontario.

Je n’ai pas le temps de faire du sport, mais je fais plein d’activités qui me gardent en forme. Je coupe du bois, je m’occupe de ma fratrie et je chasse. Deux fois par semaine, je vais aux cadets de l’Air.

Après mes études, j’aimerais faire carrière en mécanique dans les Forces armées canadiennes. Je veux travailler sur les véhicules. J’aimerais peut-être aller dans l’infanterie. La charpenterie m’intéresse aussi. Ce n’est pas encore clair. Ce qui l’est, c’est que j’aime la mécanique !

J’ai une passion pour le black metal. C’est de la musique qui peut faire peur. Moi, je trouve que ça parle de la nature, de certaines vérités sur la vie. D’ailleurs, je joue de la guitare électrique, parfois avec des amis qui ont leur propre groupe de musique.

Je suis très proche de ma famille. Une fois par semaine, j’ai un moment privilégié avec mon père. Ensemble, on fait de la radio en français.

Durant une heure, on parle de tout et n’importe quoi et notre émission s’appelle justement N’importe quoi !. On reçoit parfois des appels du public. Ces moments de radio me permettent d’élargir mes horizons. »

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