Le voile rose du déni

2 janvier 2018 - Jade Berube

Par Sabrina Desilets, Simon Savaria et Kevin Yu

 
Alors que l’humanité est plus riche qu’elle ne l’a jamais été, certains d’entre nous n’ont pas accès à cette richesse croissante et vivent encore dans cette pauvreté qui perdure depuis maintenant plusieurs centaines d’années.

De nos jours, les disparités dans la distribution des richesses sont frappantes. Preuve à l’appui, selon The Millennium Development Goals Report 2015 des Nations Unies, même si le nombre de personnes vivant dans des conditions dites de pauvreté extrême (revenu de moins de 1.25$ par jour) a diminué du ¾ , 52% de la population du globe, soit presque 4 milliard de personnes, vit toujours d’un revenu d’entre 2 et 4$ par jour.

Pendant ce temps, à l’occasion du Vendredi Fou de cette année, la fortune du propriétaire de la compagnie Amazon, Jeff Bezos, franchit la barre des cent milliards de dollars…. Certes, la proportion d’individus vivant dans la pauvreté extrême diminue, cependant, ce changement est plutôt illusoire puisque la population ne cesse d’augmenter dans les endroits les plus démunis (Asie du Sud-Est, Afrique subsaharienne, Amérique Latine, etc.).

Une favela de Rio, au Brésil.

Mais encore, la partie économiquement faible de la population mondiale ne bénéficie pas de la nouvelle richesse créée en continu sur Terre. De plus, plusieurs autres facteurs, comme, entre autres, les gouvernements corrompus, le manque d’éducation généralisée, les guerres et les conflits internes, les catastrophes naturelles ou bien les conditions climatiques difficiles, le passé colonial d’un pays et le néocolonialisme affectent de façon importante le potentiel de développement économique d’un État.

D’ailleurs, les habitants des pays défavorisés ne sont souvent pas responsables de la majorité de ces obstacles à la prospérité. Imaginez donc être un paysan né dans un pays du Sud constamment en guerre civile et frappé par des séismes. Nul enfant ne décide de l’endroit où il naîtra et qui seront ses parents. Celui qui brasse les dés peut obtenir le meilleur, ou le pire.

Parallèlement, nous pouvons observer que la richesse augmente aussi dans les pays développés. Cela résulte en une situation comme celle d’aujourd’hui: selon Oxfam International, le 1% des individus les plus riches du globe possède davantage que le total des avoirs du reste du monde combinés. Non seulement cela, même si les pays du Nord offrent aux pays en développement de l’aide humanitaire et des prêts, les intérêts de ces derniers sont parfois si élevés qu’ils doivent rembourser en moyenne 2.30$ pour chaque dollar emprunté.

Se révélant être des dettes impossible à rembourser, les prêts peuvent être de véritables cadeaux empoisonnés. Pendant que les quelques plus fortunés continuent de s’enrichir, en se baladant au volant de leur Rolls-Royce sur une plage privée et en buvant du Veuve Clicquot à volonté, qu’en est-il des moins fortunés, ceux qui voient chaque jour comme une question de vie ou de mort?

Finalement, il reste que, tel que mentionné par le professeur de Monde Contemporain du Collège Jean de la Mennais, Éric Chevalier, «Nous vivons tous sur la même planète, mais pas tous dans le même monde».

 

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