sexe 2.0

16 février 2016 - Rédaction Curium

Teenage boy at computer looking at nude woman

L’algèbre et la grammaire, ça s’apprend à l’école. La natation et le patin, au centre sportif. La musique et le théâtre, au conservatoire. Et le sexe, où est-ce qu’on l’enseigne ?

Les cours d’éducation sexuelle ont été abolis il y a 10 ans, et c’est rarement le sujet de conversation favori entre adolescents et parents. Pour trouver des réponses, plusieurs se tournent vers un outil qu’ils maîtrisent : Internet. Et ils « s’éduquent » sur le web à travers les codes de l’industrie pornographique.

« Un jeune de 15 ans qui n’a jamais vu une image pornographique, ça n’arrive pas », affirme Alain Gariépy, sexologue clinicien. C’est dit.

« Interrogez Google sur la sexualité et vous obtiendrez du contenu pornographique en 30 secondes », assure-t-il. Une étude internationale réalisée en 2009 a d’ailleurs montré que les mots « sex » et « porn » figurent parmi les cinq recherches les plus populaires chez les 8 à 17 ans. Au Canada, la recherche de contenu pornographique par les jeunes de 13 à 17 ans est passée de 16% en 2005 à 23% en 2013. (Selon l’enquête Parcours jeunes amoureux, UQAM)

Une histoire de stéréotypes

À défaut de mieux, la pornographie est devenue la source d’information numéro un. Or, quelqu’un qui découvre sa sexualité (des questions plein la tête) et qui est exposé à ce genre de modèle se fait une image de la sexualité qui n’a rien à voir avec la réalité. À terme, cela peut même avoir des répercussions sur ses relations amoureuses.

Du côté des gars…

« Les films pornographiques véhiculent l’image d’une femme toujours disponible, de bonne humeur et qui ne dit jamais non », constate Alain Gariépy. Les stéréotypes de la « femme-objet » et de l’« homme dominateur » conduisent parfois les garçons à adopter un mauvais comportement avec les filles.

Du côté des filles…

Dans cette période où elles découvrent leur sexualité, les filles peuvent penser, à tort, qu’elles doivent accepter toutes les pratiques sexuelles présentées dans ces films. Plusieurs se sentent forcées de faire des choses avec lesquelles elles ne se sentent pas à l’aise.

En 2014, 18 % des filles de 14 à 18 ans affirmaient avoir eu des rapports sexuels non désirés suite à des arguments ou des pressions du partenaire2. Mais… pas de panique. La pornographie n’intéresse pas tout le monde, tempère Alain Gariépy. Et il y a des tas de jeunes qui rêvent toujours d’amour et de vie à deux.

Consommer trop de pornographie nuit gravement à l’amour

Et si on vous disait que l’organe de l’amour est… le cerveau ! Dans une relation amoureuse, cet organe est stimulé par la découverte de l’autre pendant trois ans.

Une personne qui consomme quotidiennement de la pornographie est en constante recherche de nouveauté. Son cerveau est stimulé en permanence. Résultat : il se lassera généralement de la découverte d’une personne au bout… de six mois ! Il sera alors plus difficile d’établir une relation amoureuse durable.

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Au Canada, 40 % des garçons et 7 % des filles de 13 à 17 ans admettent avoir cherché de la pornographie en ligne. (Sondage réalisé auprès de 5436 jeunes par HabiloMedias (Centre canadien d’éducation aux médias et de littérature numérique), 2014.

RISQUE DE DÉPENDANCE

Ça prend du courage pour aborder la jolie petite brune du cours de français. Trop de courage pour certains, qui n’oseront pas faire le premier pas, et développeront un grand sentiment de frustration. Pour compenser, certains adolescents vont regarder beaucoup de pornographie. « Dans ces cas-là, le risque de dépendance existe », affirme le psychologue.

Une question d’éducation

Depuis la rentrée, des cours d’éducation sexuelle sont offerts dans quelques écoles primaires et secondaires. Il s’agit d’un projet pilote du gouvernement du Québec. Les enseignants de ces cours ? Des profs de français, de maths ou de géographie, dont certaines cases horaires ont été dégagées pour « parler sexe ». Étrange… quand on sait que le Québec compte de nombreux sexologues formés pour aborder ces sujets de façon professionnelle.

 

L’épilation intégrale… héritage pornographique

Au départ, l’épilation des parties intimes était une pratique propre aux actrices de films. Aujourd’hui banalisée, elle est devenue la « norme » pour les jeunes filles. Mais la plupart ignorent que cette mode est née de la pornographie.

 

Un texte d’Élise Magnin

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5 réponses à “sexe 2.0”

  1. Patrick dit:

    Pour le bénéfice de nos enfants, POURQUOI nos gouvernements ne bloquent pas simplement l’accès (libre) aux sites pornographiques? C’est si simple. Gang de lâches…

  2. Lili dit:

    Je suis une femme de 39 ans, qui a été mise en contact avec la pornographie trop tôt (11 ans). Rien d' »anormal » pourtant… Juste de la petite porno « soft », pas de grand drame, pas de gros traumatisme… On riait beaucoup à l’époque en regardant ça… Mais ça laisse encore des traces dans ma vie sexuelle de femme.

    Ma fille commencera sa puberté sous peu et j’avoue ne pas savoir comment m’y prendre pour la « protéger » de cette industrie tellement omniprésente… Heureusement, le dialogue est déjà ouvert entre nous… Je souhaite que ça continue…

  3. Audray dit:

    Moi, ça ne me fâche pas. Je ne pense pas que ce soit ni bien ni mal. C’est une façon d’apprendre sa sexualité. (J’ai 15 ans)

  4. Gabrielle dit:

    J’en ai regardé une fois avec mon chum. Je ne suis pas certaine de comprendre pourquoi il aime ça. Aussi je ne sais pas si ça compte pour de la porno mais dans Games of thrones, il y a des fois des longues scènes de sexe. J’ai 15 ans aussi.