Relations toxiques : comment s’en sortir?

14 février 2019 - Marie-Pier Tremblay

Avertissement : cette relation peut être toxique après une exposition à court ou long terme.

Le dictionnaire définit le terme « toxique » comme une substance nocive pour l’organisme. On pense tout de suite à une drogue ou un poison, qui engourdit le cervelet ou arrête les battements du coeur… à tout jamais. Et si certaines relations humaines pouvaient aussi nous empoisonner la vie ? C’est ce qu’on appelle les relations toxiques.

Le nombril du monde

Dans ce type de relation, il y a un manipulateur et un manipulé. Le manipulateur ne jette d’ailleurs son dévolu que sur des personnes susceptibles de « mordre à l’hameçon ». « C’est quelque chose d’instinctif et de naturel chez eux, note la psychologue Caroline Cohen. Il faut dire que les manipulateurs sont très centrés sur eux-mêmes. Tout tourne autour de leur bien-être. »

Il y a d’ailleurs une forte notion de pouvoir dans la personnalité de la personne manipulatrice, qui met tout en oeuvre pour faire plier l’autre. Et il n’est pas rare que sa dernière carte soit le chantage émotif. Un exemple : vous refusez de faire quelque chose qu’elle vous demande ? Elle vous répondra que vous lui « faites de la peine ». Pernicieux ? Assurément.

Car vous commencez à penser que c’est vous le problème. Et que c’est elle, la victime. Du coup, vous acceptez ce que vous aviez refusé au départ.

« L’une des deux personnes impliquées domine l’autre ou lui fait jouer un rôle dans lequel elle n’est pas à l’aise, confirme le psychologue Van Gijseghem. L’abus peut être fait sans le consentement de la personne, mais le plus souvent, cette dernière ne s’en rend tout simplement pas compte ! Soit certains de ses autres besoins sont remplis par procuration dans cette relation, soit elle n’a pas encore réalisé qu’on abuse d’elle ». Une telle relation peut causer beaucoup de dommages, dont une perte d’estime de soi, du stress, de l’anxiété et d’autres problèmes de santé.

Symptômes d’alerte

Les relations toxiques peuvent survenir dans toutes les sphères de la vie sociale et intime : en amour, en amitié, en famille, à l’école, etc. « Lorsqu’on parle de relation toxique, on pense surtout aux relations amoureuses, ajoute Caroline Cohen. Cependant, on l’observe beaucoup en amitié, avec un(e) ami(e) influent(e). Ou encore au sein de la famille, entre un parent et son enfant ou entre frères et soeurs. »

Mais dans tous les cas, les signaux d’alarme sont sensiblement les mêmes. Selon elle, il y a matière à s’inquiéter lorsque :

  • on n’agit plus de façon naturelle ;
  • on devient anxieux en cherchant à plaire à l’autre à tout prix ;
  • on se sent constamment oppressé(e) ;
  • on est habité(e) d’un sentiment de culpabilité pour aucune raison apparente ;
  • on s’accable facilement des erreurs de l’autre ;
  • on remet en question chacun de nos actes par rapport à l’autre ;
  • dans certains cas, on vit de la violence psychologique et/ou physique.

Détox

  1. La première étape est de prendre conscience du problème, ce qui n’est pas toujours simple ! L’amour ou l’attachement qu’on ressent pour l’autre personne nous aveugle parfois. On peut aussi être coincé(e) par la culpabilité ou l’impuissance face au chantage émotif. « C’est très malsain, dit Caroline Cohen.  On se sent obligé de plaire à l’autre et de rester dans la relation au détriment de notre personnalité et de notre bien-être. ».
  2. Il faut apprendre à s’écouter. « Comme dans tout processus thérapeutique, il faut savoir se poser les bonnes questions. Est-ce que je suis heureux ? Est-ce que je me sens libre d’être moi-même dans cette relation ? Si la réponse est non, il faut remettre les priorités à leur place… en l’occurrence, sur soi !»
  3. La plupart du temps, il faut s’éloigner de cette relation toxique, voire y mettre un terme. Mais lorsque les deux parties impliquées désirent réparer la relation, on peut aller chercher de l’aide auprès de nos proches ou d’un professionnel. « Avec du travail, on peut rendre la relation égalitaire et repartir sur de nouvelles bases saines, dit Van Gijseghem. Ça vaut autant en amour qu’en famille ou en amitié ; l’important est que les deux côtés le désirent également. »

Texte : Andréa Sirhan Daneau

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