Quoi répondre à un climatosceptique

13 mars 2019 - Marie-Pier Tremblay

Le CO2, c’est pas de la pollution, c’est naturel et ça nourrit les plantes la nuit.

Les faits :

Sans vapeur d’eau, sans ozone, sans CO2 – qui sont des gaz à effet de serre (GES) –, la température sur Terre serait trop froide pour supporter la vie. Mais en augmentant dramatiquement la quantité de CO2 (GES), on réchauffe la planète, ce qui accélère l’évaporation de l’eau, et la fonte des glaces augmente le niveau de la mer, modifie les courants et menace la survie de certaines populations (animales, mais aussi humaines !)… Je continue ?

Y a pas de réchauffement climatique, voyons donc ! Les froids au Québec ont battu des records vieux de 1OO ans !

Les faits :

Deux minutes de pénalité pour confusion entre météo et climat. La météo, ce sont des valeurs instantanées et locales : ensoleillement, précipitations, pression atmosphérique, ce genre de choses. Un jour, il pleut, et l’autre, il fait soleil. C’est la météo.

Le climat, lui, concerne les conditions atmosphériques d’une vaste zone géographique sur une échelle de temps. En climatologie, on tient compte des gaz à effet de serre, de la végétation, des glaces polaires, de la dérive des continents, etc. On observera plutôt des tendances à long terme, comme des étés plus chauds que la moyenne, par exemple.

C’est un complot des Chinois / des Nations Unies pour instaurer un gouvernement mondial.

Les faits :

Non, ce n’est pas un complot de Pékin. Mais même si ce l’était, les réglementations environnementales rendent les industries plus propres et plus performantes : bénéfique tant pour l’économie que pour la santé publique.

Tout ça, c’est à cause de la surpopulation. Plus de gens sur la Terre = plus de chaleur corporelle.

Les faits :

Le corps humain dégage plus ou moins 350 000 joules/heure. Dans une journée, c’est à peine assez pour allumer une ampoule de… 100 watts ! Même en y mettant du coeur, c’est nettement insuffisant pour réchauffer la planète.

C’est pas notre faute, c’est le Soleil. Des fois, ça chauffe plus, pis des fois, ça chauffe moins, comme un four à bois. Là, il chauffe plus.

Les faits :

Les satellites mesurent l’activité solaire depuis les années 1970 : on constate plutôt une diminution du rendement énergétique solaire. Rien pour faire varier notre climat, je vous rassure.

C’est la Terre qui se rapproche du Soleil !

Les faits :

L’orbite de la Terre est elliptique. Ce n’est pas un cercle parfait. À certaines périodes, on se rapproche et à d’autres, on s’éloigne. Étrangement, on est plus près en hiver qu’en été ! Annuellement, le résultat est nul. Ce n’est donc pas ça la cause. La distance entre la Terre et le Soleil étant de 149 597 870 700 kilomètres, il n’y a pas de quoi paniquer.

Texte : Pierre-Yves Villeneuve

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2 réponses à “Quoi répondre à un climatosceptique”

  1. Josée dit:

    J’ai entendu un argument d’un climatosceptique qui disait que la Terre a subi des périodes glaciaires et des périodes plus chaudes, successivement, depuis des millions d’années. Or, s’il y a eu ces changements AVANT que l’être humain n’apparaisse sur Terre, c’est qu’il n’est pas responsable du présent réchauffement non plus.
    Bon point, non ?
    Il y a 97% de la communauté scientifique qui disent qu’il y a un réchauffement climatique, je me fie donc au consensus scientifique. Sauf que… tout le monde se fiait au consensus scientifique quand Galilée a révélé ses théories !!! Je suis troublée !

    • Curium dit:

      Salut @Josée!

      Effectivement, au cours de son histoire, la Terre a connu de nombreuses périodes plus froides (appelées « ères glaciaires ») et aussi plus chaudes (les ères interglaciaires) qu’à l’heure actuelle. L’hypothèse scientifique actuelle est que ces changements climatiques auraient d’abord été déclenchés par des variations naturelles dans l’orbite de la Terre.

      Cela aurait changé légèrement la quantité d’énergie solaire qui se rend sur la Terre. Une fois ce petit changement engendré, la situation est amplifiée par toutes sortes de mécanismes naturels. Par exemple, la banquise reflète l’énergie du soleil vers l’espace. Plus il y a de banquise, plus elle reflète les rayons solaires, donc il fait plus froid, et il y a plus de banquise. (Aujourd’hui c’est l’inverse: la banquise fond, donc l’eau de mer foncée absorbe les rayons du soleil et se réchauffe, donc la banquise fond encore davantage…). Ces mécanismes d’amplification sont très nombreux et variés. C’est ce qui rend l’étude du climat complexe, mais passionnante!

      Par contre, ton ami a tort quand il prétend que « ça s’est déjà passé avant, donc l’humain ne peut pas être responsable ». Les études montrent que la période de réchauffement actuel est beaucoup plus rapide que les variations climatiques passées. Trop rapide pour être d’origine naturelle.

      Et ce réchauffement a débuté en même temps que la révolution industrielle et l’utilisation des combustibles fossiles. Le pétrole, le gaz et le charbon se sont formés sur des millions d’années, à partir du carbone contenu dans les plantes, le plancton et les dinosaures! Ce carbone était enfoui sous terre. En brûlant ces combustibles, on renvoie tout ce carbone dans l’atmosphère… en seulement 200 ans!

      Résultat: l’atmosphère se réchauffe et relance des mécanismes naturels d’amplification. La planète survivra sans peine, mais la question est de savoir si les humains et surtout notre société actuelle pourra survivre. La dernière fois que l’atmosphère contenait autant de CO2 qu’aujourd’hui, c’était il y a 3 millions d’années. Les australopithèques existaient, mais les humains modernes.

      Ce vidéo de Météomédia explique bien la situation: https://www.meteomedia.com/ca/nouvelles/article/record-de-co2-dans-latmosphere-mai-2019