Environnement: les mensonges cachés de l’emballage

19 mars 2019 - Curium

Par Brigit Crumley et Oksana Dryden

 

Parmi les centaines d’organisations qui contribuent aujourd’hui à la sensibilisation et à l’action contre le réchauffement climatique et la pollution, certaines se distinguent davantage, notamment, une organisation qui a comme but de sensibiliser le public américain et mondial et provoquer un changement chez les citoyens par rapport à la façon dont ils envisagent la pollution. Keep America Beautiful (KAB), l’organisation en question, est parmi les agences militantes écologiques les plus appréciées en Amérique du Nord. Malgré que la mission de KAB ne soit présente qu’aux États-Unis, elle a imposé de grandes influences sur leur voisin du Nord et même à l’échelle mondiale.

Outre l’objectif écologique et vert de KAB, les fondateurs sont de véritables maîtres de crimes contre l’environnement. On y retrouve des compagnies telles que PepsiCo, Coca-Cola, les bières Busch (Budweiser) ainsi que la compagnie de cigarettes Marlboro. Êtes-vous surpris de reconnaître tous ces noms? Vous ne devriez pas l’être. Comme l’on peut s’y attendre, Coca-Cola et PepsiCo sont les deux plus grands pollueurs mondiaux au niveau du plastique non recyclé.

De plus, pourquoi une compagnie de cigarettes serait-elle impliquée dans une organisation telle que KAB? Cela mène à la question: que font ces compagnies? Alors qu’il se peut que celles-ci retrouvent une pincée de culpabilité dans leur sang, comment se peut-il qu’on ne retrouve pas une seule cigarette ou bouteille de Pepsi comme pollution dans les publicités de KAB, lorsqu’ils représentent un symbole infâme de la crise à laquelle nous faisons face? Le consensus est que cette organisation n’est qu’un autre coup de génie pour bénéficier à la gourmandise capitaliste.

En effet, auparavant, les bouteilles des breuvages étaient toutes en verre et pouvaient être réutilisées sans cesse. Toutefois, lorsque ces compagnies ont constaté le montant d’argent qu’elles auraient à gagner si elles se disposaient des bouteilles en plastique, elles n’ont pas hésité. Et puis, lorsque la législation contre le plastique est entrée en vigueur, voilà que s’est formé KAB. Exerçant de la pression chez le gouvernement du Vermont pour enlever leur loi contre les bouteilles à utilisation unique, ils se sont orientés vers leur nouveau but: sensibiliser le public.

C’est à ce point-ci où la perspective entière de la pollution a changé mondialement. Non, ce n’était plus auprès des grandes compagnies qu’il fallait ramasser les centaines de milliers de bouteilles qu’elles produisaient. En raison des publicités et des messages que répandait KAB partout autour des États-Unis et qui traversaient également les frontières et océans, la culpabilité pour la pollution a fait un 180 degrés et s’est dirigée directement vers nous. C’est plutôt ironique que les plus grands contributeurs de la pollution plastique influencent maintenant le grand public à le ramasser.

À présent, nous voici à la croisée des chemins. En ce qui concerne l’idéologie, l’organisation KAB a planté une graine qui a changé la façon dont nous percevons la pollution aujourd’hui: elle a des racines obscures provenant des compagnies les plus néfastes pour l’environnement au monde. En contrepartie, cette agence a des initiatives partout à travers les États-Unis pour ramasser le plastique qu’elle a distribué.

Parmi leurs programmes se retrouvent des bourses pour adolescents et des camps d’été. Mais rectifie-t-elle la situation? Enlève-t-elle les 100 milliards de bouteilles estimés par GreenPeace que Coca-Cola a relâchées dans nos océans l’année dernière? Et puis, alors que certains changements sont possiblement réversibles, d’autres ne le sont pas. Lorsque KAB a commencé sa campagne contre la pollution, l’organisation a aussi inauguré le terme «litterbug», employé à ce jour pour dénoncer les citoyens pollueurs. De plus, ce n’est pas tout.

Leur publicité la plus célèbre, «l’indien qui pleure», débute avec un homme des Premières nations qui rame son canot à travers un lac inondé de déchets, ensuite arrivant à une rive, près d’une autoroute remplie de déchets. Il finit sa performance en versant une seule larme, en répétant un des slogans les plus célèbres à ce jour: « les gens commencent la pollution; ils peuvent l’arrêter ».

Cette annonce a effectivement utilisé le respect qu’ont les Premières nations envers l’environnement comme stratégie pour avancer son message. Pour enchaîner, lorsque cette publicité est devenue un grand succès dans les années 1970, personne ne savait que KAB était fondée par les compagnies créant ces déchets et que «l’indien» qui se retrouvait dans la vidéo provenait véritablement de l’Italie.

Après que la vérité est dévoilée, il faut bien se poser des questions. Pourquoi des compagnies célèbres ne modifient-elles pas les matériaux utilisés dans la fabrication de leurs produits afin d’éviter la pollution supplémentaire? La raison est assez commune. C’est le profit et l’argent, bien sûr! Heureusement, plusieurs solutions possibles sont disponibles au moment même.

D’une part, il y a l’option d’utiliser le système de recyclage du Vermont, aux États-Unis, qui date de 1953. L’idée générale était d’utiliser des bouteilles de vitre pour des breuvages ou d’autres nécessités sous forme liquide. Une fois le produit épuisé, la bouteille est retournée à un poste de recyclage afin d’être lavée et réutilisée par la même compagnie. D’autre part, il existe aussi le choix d’adopter le système présent dans les pays scandinaves.

En Norvège, des dépôts écologiques acceptent des contenants, qu’ils soient faits de plastique ou de vitre, en échange de quelques cennes. Cependant, les raisons principales pour lesquelles ces stratégies fonctionnent sont l’argent et le profit. Dans le cas de la Norvège, l’homme le plus riche du pays avoue qu’il recycle ses bouteilles pour les valeurs monétaires et non pour l’environnement. Est-ce alors le problème? Les gens sont-ils trop orientés vers les profits? Oublient-ils le monde qui les entoure?

Vous ne pouvez guère apprécier l’extérieur coloré de multiples compagnies sans connaître les mensonges cachés dans leurs logos. Le réchauffement climatique est un problème mondial, alors nous devons commencer le long chemin de la rédemption tous ensemble. Votre statut en tant que citoyen de la Terre vous rend redevables d’essayer encore et encore.

Par contre, les compagnies qui produisent le plastique doivent faire autant sinon plus d’efforts pour éviter à tout prix que la planète devienne une décharge de nos déchets et de nos regrets. Selon les Nations Unies, nous devons réduire nos émissions de 45% d’ici 2030 pour limiter un réchauffement planétaire de 1,5°C. Vous ne voyez peut-être pas les conséquences de la pollution puisque ce ne sont pas les pays occidentaux qui en souffrent.

Les pays les plus riches sont les plus grands pollueurs, tandis que les pays en voie de développement sont ceux qui subissent les effets désastreux. La prochaine fois que vous achèterez des produits au magasin, pensez aux faits plutôt qu’à l’emballage.

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Une réponse à “Environnement: les mensonges cachés de l’emballage”

  1. Jean-Guy dit:

    Cessons d’acheter ces produits mis en bouteilles de plastique et vous verrez que les producteurs se tourneront vers les produits en verre.