LGBTQIA+ : Le sens de l’orientation

7 juin 2018 - Curium

L’orientation sexuelle est-elle une affaire d’éducation ? De génétique ? Probablement un mélange des deux. Chose certaine, on ne choisit pas son orientation sexuelle. On la découvre !

ON RECONNAÎT MAINTENANT QUE L’ORIENTATION SEXUELLE SE COMPOSE DE TROIS ASPECTS :

L’ATTIRANCE. Physique, amoureuse ou émotionnelle.

LE COMPORTEMENT. Ceux avec qui on a des rapports amoureux ou sexuels.

L’AUTO-DÉSIGNATION. Le fait de s’identifier à une certaine orientation.

Ces trois dimensions ne concordent pas toujours. Ainsi, un(e) hétéro peut quand même ressentir de l’attirance pour des gens de même sexe, sans toutefois avoir de relations amoureuses ou de rapports sexuels avec eux. Tout comme quelqu’un peut avoir eu des relations intimes (plus ou moins sérieuses) avec des personnes des deux sexes sans se dire bisexuel.

L’échelle de l’attirance

Il y a 65 ans, le célèbre biologiste américain Alfred Kinsey a interviewé 12 000 hommes et 6 000 femmes adultes sur leurs désirs, leurs fantasmes et leur historique sexuel. Résultat ? Les personnes exclusivement hétérosexuelles ou exclusivement homosexuelles existent, mais beaucoup se trouvent entre les deux, à divers degrés. L’échelle de Kinsey, qui classe les gens selon sept niveaux d’attirance, va d’exclusivement hétérosexuel à exclusivement homosexuel, avec cinq niveaux entre les deux.

L’orientation sexuelle est-elle un choix ?

Les religions rejettent généralement les personnes LGBTQIA+ en prétendant qu’il s’agit d’un mode de vie « contre nature ». Or, la plupart des gens ont l’impression d’être nés avec leur orientation sexuelle, pas de l’avoir choisie. Les scientifiques ont aussi observé des comportements homosexuels chez de nombreuses espèces animales.

Est-ce que l’orientation sexuelle aurait des bases biologiques ? Cette question divise les scientifiques depuis des décennies. Dans son livre Biologie de l’homosexualité , le biologiste belge Jacques Balthazart décrit différentes études (sur les animaux ou les humains) ayant identifié des facteurs pouvant influencer en partie le comportement ou l’orientation sexuelle. Par exemple : des facteurs génétiques, l’exposition à certaines hormones durant la grossesse, ou encore le nombre de garçons dans une fratrie.

« Ces études sont hautement controversées ! » reconnaît M. Balthazart. D’une part, les méthodes et les résultats des études ne sont pas toujours convaincants. D’autre part, certaines hypothèses ne pourront jamais être prouvées de manière expérimentale chez les humains. On peut mesurer les hormones de grossesse chez les rats, mais on ne pourrait pas le faire sans risque chez des femmes… et il faudrait ensuite attendre 20 ans pour voir l’orientation sexuelle de leurs enfants !

En conclusion, il n’existe actuellement aucun consensus scientifique.

Homosexuel. Et alors ?

Le simple fait de chercher quels facteurs influencent l’orientation sexuelle des gens pose en soi des problèmes éthiques. Et si on découvrait un test prénatal pouvant prédire qu’un bébé à naître deviendra homosexuel, certains parents choisiraient-ils d’interrompre la grossesse ?

« Si l’homosexualité n’est pas une maladie, pourquoi en chercher la cause ? Ce n’est pas important ! Après tout, on ne cherche pas à élucider quels gènes font que mon fils préfère le steak et moi les fruits de mer ! » illustre Michel Dorais, sociologue de la sexualité et professeur en service social à l’Université Laval.

« Les travaux qui semblent démontrer que l’homosexualité est d’origine biologique aident certains homosexuels à s’accepter. Mais selon moi, le fait qu’ils ressentent une culpabilité d’être homosexuel démontre justement que la société est encore homophobe » explique Line Chamberland, titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’UQAM.

Au secours, je suis perdu(e)

Vous n’êtes pas certain de votre orientation sexuelle ? Pas de panique ! L’adolescence est une période d’éveil sexuel, d’expérimentation et de questionnement. « Dans notre enquête sur les parcours amoureux des jeunes, 2 à 3 % des 14 -18 ans disaient n’avoir d’attirance pour personne. Et 2 % disaient se questionner » dit Martin Blais, professeur et chercheur en sexologie à l’UQAM.

Selon lui, il n’y a aucune urgence à se mettre une étiquette, tout comme il n’y a pas d’urgence à avoir un premier rapport sexuel : « C’est pour soi-même qu’on devrait avoir des partenaires amoureux et sexuels, pas pour répondre aux exigences de la société. Le plus important est de respecter son propre rythme et son propre désir. »

Même à l’âge adulte, on continue de se découvrir. Certaines personnes éprouvent de nouvelles attirances ou s’autorisent à les vivre ouvertement. Mais la science est claire : il n’existe pas de méthodes pour changer l’orientation sexuelle de quelqu’un.

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