Jeune chercheur étoile : Dans la tête des incels
Stefan Stijelja
Étudiant au doctorat en psychologie communautaire
Université du Québec à Montréal
Qui sont les incels?
Lors de son doctorat en psychologie, Stefan Stijelja s’est questionné sur le profil des incels. Les membres de cette communauté virtuelle se disent incapables de trouver une partenaire amoureuse ou sexuelle. Ces hommes sont pour la plupart jeunes, blancs et hétérosexuels.
«Les incels se distinguent des autres célibataires par la profonde colère qu’ils entretiennent envers les femmes. Ils expliquent leur célibat par des thèses misogynes et ils perçoivent le féminisme comme une menace.»
Incels = INvoluntary + CELibates
(célibataires involontaires)
Hommes en détresse
Les incels tiennent des discours haineux à l’égard des femmes, mais aussi des propos dévalorisants envers eux-mêmes. Ces hommes souffrent généralement de solitude et de détresse psychologique.
Lors de son doctorat en psychologie, Stefan s’est penché sur le risque suicidaire des incels : «Je voulais comprendre le parcours de radicalisation qui amène ces jeunes hommes à endosser de telles idées. Pourquoi certains en viennent-ils à poser des gestes violents et à s’enlever la vie?»
Radicalisation en cours
Stefan a analysé les centres d’intérêt de plus de 100 000 internautes sur les forums incels de la plateforme Reddit. Il a ainsi brossé un portrait chronologique des forums consultés.
Dans un premier temps, ces hommes s’intéressent souvent à la santé mentale et aux conseils pour séduire les femmes. Puis, ils basculent vers des groupes incels. Le mouvement semble leur apporter un sentiment de communauté, en plus de leur offrir une «explication» à tous leurs problèmes («les femmes»).
Or, ces hommes participaient à d’autres forums haineux avant de s’impliquer dans les groupes incels. «Ils étaient déjà sur une trajectoire de radicalisation, avec une vision du monde hiérarchisée et conservatrice.»
Changements nécessaires
Le doctorant espère que ses travaux mèneront à des interventions concrètes. Une prise en charge thérapeutique de ces hommes pourrait prévenir la radicalisation et freiner cette communauté misogyne. Le chercheur pense également que les écoles ont un rôle à jouer pour déconstruire cette vision de la masculinité toxique et promouvoir une culture de respect.
Une présentation du
publiez votre commentaire
dites-nous ce que vous en pensez