Vitesse de la lumière : contrairement à la rumeur…

22 mai 2015 - Rédaction Curium

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vue d’artiste d’un champ de distorsion NASA © DOMAINE PUBLIC

 

Eh bien non, la NASA n’a pas mis au point un système permettant de voyager plus vite que la lumière. Au mieux, peut-être 10 % de la vitesse de la lumière, ce qui serait déjà une énorme percée technique. Mais pas mal de confirmations restent à faire avant de s’exciter.

En juillet 2014, une des nombreuses branches de l’agence spatiale américaine, appelée Eagleworks, consacrée à la « recherche sur la propulsion avancée », avait fait parler d’elle avec l’annonce, lors d’un congrès, d’un test intrigant : un moteur électromagnétique, ou EM Drive, ou propulseur à cavité résonnante électromagnétique pour les intimes, « défiant les conceptions traditionnelles de la physique ». Pas n’importe quelle conception : celle de la conservation de l’énergie qui stipule que rien ne se perd, rien ne se crée.

Selon la présentation faite au congrès en question, des micro-ondes ricochant à l’intérieur d’une « cavité résonnante » en forme de cône créeraient une énergie électrique capable de donner une poussée à un engin, sans qu’il ne soit nécessaire d’éjecter du carburant.

C’était du moins (en très gros) leur explication, et la théorie elle-même est défendue par des passionnés, notamment en Grande-Bretagne, en Chine et aux États-Unis, depuis 2006. Un petit groupe de la même branche de la NASA a donc poursuivi sur cette lancée, et vient d’annoncer avoir mené les tests sous vide. Une annonce qui, en soi, est à elle seule de nature à susciter le scepticisme : ils n’ont pas publié un article scientifique, mais un message sur un forum électronique. Qui a été lu 500 000 fois, d’où la rumeur en cours sur Internet.

En gros, l’ingénieur Paul March y rapporte que le EM Drive a été testé avec succès sous vide, une expérience qui avait pour but d’éliminer une des critiques des expériences précédentes : que l’effet observé aurait été causé par les conditions environnementales entourant l’expérience — par exemple, la chaleur.

Si l’effet observé s’avérait réel — et c’est un gros si — s’il se produit vraiment quelque mystère à l’échelle quantique dans cette cavité, cela ouvrirait la porte à un nouveau système pour tous les futurs engins spatiaux… mais sans aller au-delà de la vitesse de la lumière, comme le suggère la rumeur trop Star Trek ou Star Wars.

Plus prosaïquement, si ça marche, n’importe quel engin « réel » pourrait profiter d’un système économe en carburant : que ce soit un satellite en orbite terrestre qui doit corriger sa trajectoire ou une mission vers Mars. L’effet se ferait encore plus sentir sur de longues distances : puisqu’un tel système pourrait accélérer très longtemps, le journaliste George Dvorsky calcule qu’un voyage jusqu’à l’étoile la plus proche pourrait se faire en « seulement » quelques décennies, à une vitesse d’environ 9,4 % celle de la lumière — plutôt que quelques milliers d’années avec la technologie actuelle. Ça mettrait les étoiles à la portée des humains, mais pas tout à fait de la façon dont une série télé l’aurait imaginé…

Source: Agence Science-Presse (www.sciencepresse.qc.ca)

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