asexuelle

Par Li-Anne*, 17 ans

L’ asexualité, c’est une orientation sexuelle (au même titre que l’homosexualité, l’hétérosexualité ou la bisexualité) qui se définit par une absence d’attraction sexuelle.

Attention ! Ne pas ressentir d’attraction sexuelle ne veut pas nécessairement dire que nous ne sommes pas actifs sexuellement. Et surtout, être asexuel ne rend pas incapable d’aimer.

Personnellement, je ne suis jamais tombée amoureuse de quelqu’un. Il y a un gars que je trouve cute et avec qui je m’entends bien, mais je ne ressens rien de romantique à son égard. Quoique ces sentiments pourraient peut-être se développer s’ils étaient cultivés…

Je voudrais bien tomber amoureuse. Parfois, j’imagine… On marcherait main dans la main, on ferait des batailles d’oreillers, on se collerait devant la télé, on s’embrasserait (sans la langue)… et on garderait tous les deux nos sous-vêtements.

Je ne ressens jamais l’envie d’embrasser spontanément quelqu’un, ni de toucher ou caresser. (Vous ressentez vraiment ça, vous ?) Les frissons qui parcourent le corps quand deux mains se touchent dans le bol de popcorn, ça existe juste dans les films pour moi.

La première fois que j’ai lu à propos de l’asexualité, j’ai pris conscience que la plupart des gens pensent au sexe. À tout le moins, ils y pensent parfois. C’est votre cas, j’imagine. Je n’ai pas osé, ce jour-là, me dire que j’étais carrément asexuelle. C’était trop confrontant.

Je me suis donc dit que j’étais une hétérosexuelle pas intéressée au sexe. (Même si je n’ai jamais vraiment été en amour avec quelqu’un, je ne m’imagine pas du tout en couple avec une fille.) Or, plus je lisais des descriptions et des témoignages de gens asexuels, plus je me reconnaissais.

Le choc.

Durant quelques semaines, j’ai essayé d’assimiler ce nouveau morceau d’information. Je me disais : « les étiquettes, c’est pour les cannes de soupe ! » J’étais dans le déni total. Puis, je suis tombée sur un billet de blogue troublant : c’était exactement mes pensées, écrites mot pour mot !

Ce jour-là, j’ai réalisé que je suis, en effet, asexuelle. Récemment, je me suis créé un compte Instagram anonyme pour pouvoir échanger avec d’autres gens de la communauté asexuelle. J’espère rejoindre le groupe LGBTQ de mon école l’année prochaine en tant qu’asexuelle. Je ne suis pas encore très loin dans mon processus, mais ça ne m’empêche pas d’être fière de qui je suis !

*nom fictif par souci  de confidentialité 

 

Compte Instagram de Li-Anne : @ace.angel.ace.princess

Ça me ferait plaisir de répondre aux questions des lecteurs !

Pour en savoir plus : fr.asexuality.org

 

Après avoir lu le témoignage de Li-Anne*, la sexologue Tania St-Laurent, propose cette réflexion.

Il peut y avoir plusieurs parties de soi-même qu’on ne connaît pas ou qu’on commence à découvrir à l’adolescence. Certaines parties de notre identité se définissent plus vite et sont très claires, alors que d’autres sont moins évidentes et plus difficiles à comprendre…

L’orientation sexuelle, ce n’est pas uniquement le fait d’être attiré par les gars, les filles ou les deux. C’est un ensemble de points qui peuvent nous aider à comprendre qui l’on est. Si vous le souhaitez, vous pouvez utiliser les pistes de réflexion suivantes pour vous questionner et en apprendre davantage sur vous-même.

* Attirance amoureuse : Ah l’amour ! Il est possible que vous ayez déjà ressenti des émotions très intenses envers quelqu’un… ou pas.

* Attirance sexuelle : Ici, on parle spécifiquement d’une attirance physique, c’est-à-dire l’envie de partager des rapprochements physiques avec quelqu’un…

* Fantasmes : Ce sont ces mini-scénarios imaginaires, dans lesquels on peut retrouver des gens qui nous intéressent, des rapprochements amoureux et/ou sexuels… Ils nous apparaissent souvent sans qu’on le veuille. On ne les contrôle pas vraiment…

* Vivre une relation amoureuse : C’est partager une relation amoureuse, mais aussi s’imaginer ou avoir envie d’être en couple avec quelqu’un. Les expériences nous aideront aussi . préciser nos goûts, le genre de personne vers qui on est attiré, notre orientation sexuelle, etc.

En regardant tous ces éléments, on comprend mieux pourquoi tout n’est pas toujours clair et surtout, pourquoi ça ne l’est pas aussi rapidement qu’on le souhaiterait ! Vous êtes en constante évolution. Il est donc possible que vous ne voyiez pas tout cela de la même manière dans deux ou cinq ans.

La bonne nouvelle, c’est que plus le temps avance, mieux on se connaît et plus on est à l’aise d’être soi-même !

Si tu as des questions, parles-en avec

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Commentaires

  1. Max dit :

    Salut, Li-Anne!
    Au moins, tu as de la chance de pouvoir t’affirmer comme telle. Oui, il y aura sûrement des commentaires désobligeants mais avec un peu de fougue de ta part, ça cessera sûrement.

    Je me suis immédiatement reconnue en lisant ton histoire: aucune « spark » avec qui que ce soit, je rêve de romance mais en même temps je suis sceptique. Après maintes recherches et plusieurs questionnements, j’en suis arrivée à la même conclusion que toi; je suis asexuelle.

    Mais voilà le problème: les croyances spirituelles de mes parents (donc du coup, les miennes par naissance) m’interdisent d’être autre chose que hétérosexuelle. Je ne veux pas décevoir mes parents, les faire plonger dans une colère sourde et amère et même mon école me jugerait. Je n’ose pas sortir de ma bulle de confort.

    My point is, tu as la possibilité d’être ce que tu veux. Profites-en! Et bienvenue dans la vaste communauté LGBTQ, chérie.

    • Li-Anne dit :

      Merci Max, ça fait chaud au cœur!
      Je te souhaite de pouvoir un jour, si tu le souhaites, partager avec ta famille et tes amis ce côté de toi et qu’il soit non seulement accepté mais aussi célébré. Mais aussi, je te souhaite que ta bulle de confort reste confortable.
      En gros, je suis contente que tu te soit reconnue dans mon témoignage et je te souhaite beaucoup de bonheur!

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