Le sucre, c’était ma drogue

12 mars 2018 - Marie-Pier Tremblay

Par Félicia, 16 ans. (Nom fictif)

 

Les bonbons, les sucreries, les boissons sucrées, je suis leur plus grande fan. Mais il y a quelque temps, je me suis rendu compte que j’étais carrément accro.

Quand on a des fringales, on le sait qu’on doit bien manger : des fruits, des bons glucides, des noix, du fromage… Mais mon corps voulait du sucre. En collation, moi, c’est une barre de chocolat que je voulais. C’était devenu une habitude. Parle-moi pas de manger des noix à la place !

Petit à petit, le sucre s’est invité dans ma vie. Au déjeuner, j’avais besoin de ma cuillerée de caramel sur ma rôtie. Ou sur ma banane. Au dîner et au souper, j’attendais le dessert sucré. À la collation aussi.

Quand je l’ai réalisé, ça m’a fait un choc. J’étais vraiment accro au sucre ? Moi, dépendante de quelque chose ? Voyons donc.

Quand j’avais un stress, je mangeais une barre de chocolat ou des bonbons. ( J’adore évidemment les bonbons. Toutes les sortes de bonbons. Surtout les jujubes !) Sur le coup, ça aide. C’est ça le pire ! Mais une heure après, plus aucune énergie. Et c’était comme ça tous les jours.

J’ai donc décidé de couper drastiquement le mauvais sucre. ( Je me permets le sirop d’érable et le miel). Les premiers jours, c’était vraiment un combat. Le soir, après le souper, je rêvais de gros beignes fourrés à la crème et de mille-feuilles ! Je mangeais des poignées de noix, une pomme. Je me trouvais misérable. Mais j’ai tenu bon.

Après une semaine, c’est mon humeur qui a pris le coup. Je suis devenue plus irritable, moins patiente. Comme un éternel SPM. L’enfer. À la maison, tout le monde mange encore du dessert. Et tout le monde autour de moi me dit : comment tu fais ? !

Aujourd’hui, ça fait 14 jours et ça va mieux. Les envies de sucre diminuent beaucoup. Mais il faut aussi trouver des remplacements pour ne pas devenir fou. J’ai découvert que la pâte de dattes, étalée sur une crêpe, c’est délicieux ! Avec du sirop d’érable, mium.

Je veux quand même une qualité de vie ! C’est comme le thé glacé. Au début, c’était vraiment difficile ! Mais depuis que je me suis trouvé une bonne recette de thé maison, avec des quartiers d’oranges, des fruits, du sirop d’agave… c’est pas pire bon ! Et je suis fière de moi.

Réflexion
Nous avons une attirance innée pour le sucre, source de plaisir et de récompense. C’est normal ! Il est facile d’en consommer trop. Parce que les industries l’ont bien compris. Elles se sont mises à ajouter ce qu’on appelle des sucres libres dans tout, pour nous faire aimer leurs produits. Dans les jus de fruits ou les boissons gazeuses, par exemple.

Ces sucres libres (dont notre corps n’a pas du tout besoin) sont de plus en plus ajoutés dans les produits transformés. Il y en a dans le sirop d’érable, le miel, même dans le sel ! La première source de sucre libre chez les adolescents ? Les boissons gazeuses et le thé glacé. Ensuite, les confiseries et les bonbons.

Couper tous les sucres libres de façon drastique n’est pas la solution. Ce qu’il faut favoriser, c’est un comportement alimentaire qu’on va garder pour le reste de notre vie ! Il y a des aliments qu’on ne peut consommer qu’à l’occasion. Ou simplement réduire les portions. Il faut se garder des plaisirs, sinon ça ne vaut pas la peine.

On peut aussi y aller par étapes. Commencer par réduire le thé glacé, puis le remplacer, faire des découvertes de remplacement. Ensuite, réduire les confiseries peu à peu… Apprendre à cuisiner ! Le corps va automatiquement s’adapter et demander moins de sucre. Il faut prendre le temps de découvrir que les aliments peuvent être goûteux même s’il n’y a pas de sucre libre ajouté.

Sophie Leroux, psychologue

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