Patrick Senécal : trois questions au « Stephen King » du Québec (ARCHIVES)

18 juin 2018 - Curium

Il y a trois ans, nous recevions Patrick Senécal dans le cadre de notre spécial Lecture. Nous vous offrons cette entrevue en rappel:

Patrick, qu’aimais-tu lire, quand tu étais ado ?

Je lisais du fantastique, de l’horreur. J’avais besoin d’être secoué. Mais à l’époque, il n’existait pas de romans de ce genre pour les jeunes. … Alors à 13 ans, j’ai tout lu Stephen King ! (Rires) J’ai aussi été marqué par l’auteur belge Jean Ray, qui écrivait des nouvelles de fantômes et de monstres. Puis, je me suis intéressé à Edgar Allan Poe, Lovecraft…

Mais rendu à 16 ans, je me suis dit qu’il fallait que je m’ouvre à un autre genre. J’ai lu À l’est d’éden de Steinbeck. J’ai découvert une autre façon littéraire de traiter du « mal ». Il y avait aussi dans ce livre un personnage féminin menaçant. C’était nouveau! Ça m’a beaucoup impressionné.

Où trouves-tu toutes tes idées noires ?

Il n’y a pas de trucs. Je ne m’assois pas en position du lotus en regardant le soleil levant, ça ne marche pas. (Rires) Je me mets plutôt dans une disposition mentale de réception : je me prépare à recevoir de la visite ! Les idées viennent de quelque chose que je vois, que je lis. Ça peut être une phrase, un geste. Ça peut m’arriver sur la rue, en auto, dans la douche, en m’endormant.

La plupart du temps, l’idée tourne en boucle dans ma tête et disparaît. Mais parfois, elle roule sur elle-même comme une balle de neige et grossit, elle appelle d’autres idées. Pour le livre que je suis en train d’écrire, je suis parti d’un cirque. Puis, un cirque où il faut laisser sortir la bête en nous. Je note tout ça au crayon sur un bout de papier. Et puis, je sens un plan se dessiner.

Quel livre as-tu trouvé le plus difficile à écrire ?

 Le livre Le vide. En fait, je me suis rendu compte que c’est dangereux pour un auteur de vouloir critiquer sa société. C’est facile de faire la morale. Et puis, mon constat était tellement déprimant ! Je devais faire attention d’apporter une solution, ne pas laisser le lecteur avec son désespoir.

La forme était aussi flyée, éclatée. J’ai failli abandonner quatre fois l’écriture de ce livre-là. Mais je suis fier de pas avoir lâché parce que c’est celui qui m’a fait le plus connaître comme auteur. (Ça a donc valu la peine de m’arracher les cheveux.)

Patrick Senécal s’amusant à recréer une scène d’horreur avec son fils.

 

En 1998, Patrick Senécal publie un roman noir appelé Sur le Seuil. Le succès est immédiat. Aujourd’hui auteur d’une quinzaine de livres dont les populaires 5150, rue des Ormes et Les 7 jours du Talion (dont il a aussi fait l’adaptation pour le cinéma), Patrick Senécal admet sa fascination pour le côté sombre de l’être humain.

 

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