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edito.janvier

Du primaire à l’université, mes fesses ont passé quelque 20 000 heures sur un banc d’école.

Est-ce que je me rappelle du théorème de Pythagore ? Oui, comme un mantra.

Est-ce que je l’utilise ? Jamais.

Est-ce que je trépignais d’impatience avant tous mes cours ? Non.

Est-ce que je pensais devenir journaliste en sortant du secondaire ? Non plus.

Est-ce que j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps ? Pas du tout.

J’aime apprendre. Je suis goinfre de connaissances. Même le ton monocorde d’un prof blasé, un soporifique PowerPoint et des pages d’exercices assommants ne parviennent pas à me couper l’appétit. Traitez-moi de nerd, de geek, de fille pas de vie. Moi, je me sens privilégiée. Parce que ce système scolaire est loin de convenir à tout le monde.

Remarquez, le modèle n’est plus très récent… L’école de 2016, c’est un copier/ coller – légèrement amélioré – du modèle d’enseignement public apparu au 19e siècle pour répondre aux besoins de l’industrialisation. La priorité ? Former des travailleurs. On privilégie donc les notions utiles à l’emploi. Et on évalue l’intelligence des élèves en fonction de leur réussite scolaire.

Or, l’intelligence est multiple ! Des tonnes de gens brillants et créatifs ne parviennent pas à exprimer leur intelligence dans ce cadre trop strict. On gaspille les talents et l’école perd des joueurs : des pertes nettes pour la société de demain. Signe, selon moi, qu’il est temps de repenser nos modèles.

On devrait tous prendre plaisir à étudier (le français, les maths, mais aussi la claquette et l’harmonica). S’approprier la connaissance, sans se demander si elle nous sera utile. Cesser de penser en termes d’efficacité, de compétences et d’employabilité et miser plutôt sur l ’oeuvre et l’accomplissement.

Parce que l’école devrait permettre à tous de se réaliser… moyennant quelques efforts, c’est entendu !

Noémie Larouche, rédactrice en chef.