Le torticolis de la jalousie

20 avril 2018 - Curium

Par Jessy Grenier

 
La semaine dernière, j’ai rencontré une dame à l’épicerie. (Entre nous, on va se le dire, c’t’une commère). D’après moi, toute la ville l’a déjà rencontrée là-bas. Que vous soyez en train de cultiver les moissons des conserves ou bien de renifler la divine odeur du pain, elle a le don de vous trouver, fiez-vous sur moi.

Comme bien de gens qui font leurs petites commissions un soir de semaine, j’étais plus que fatigué. Mais… Elle m’a tout de même trouvé, la fouine. Malgré mes valises en dessous des yeux et mon teint plutôt verdâtre, elle n’a jamais compris que je n’en avais rien à faire de son commérage.

Il n’y a pas si longtemps, dans le temps de mes grands-parents, on discutait sur le perron de l’église. Maintenant, on a inventé des plateformes Web pour échanger (et puis pour scèner comme qui dirait). Et, bien sûr, il y ceux et celles qui arpentent les lieux publics et qui n’hésitent pas à vous ramasser dans le détour pour vous commérer ça juste un peu et vous conter l’Histoire du monde.

Mais bon… Revenons à notre vieille dame… Étonnamment, elle ne m’a pas parlé de sa voisine et de son chat obèse ni de son voisin qui n’a toujours pas réparé sa galerie. Elle m’a plutôt jasé de son torticolis. Un mal insupportable me disait-elle. La mine basse, c’est avec discrétion qu’elle m’avoua la cause de ce dernier : la jalousie… Elle s’était tellement de fois retournée à gauche et à droite pour envier tous ceux et celles qui croisaient son chemin qu’elle s’était blessée. Une maladie professionnelle… Pour la toute première fois en 18 longueurs de supermarché à l’endurer, j’avais pitié pour elle, pitié pour cette vieille femme qui s’était fait mal en se rendant malheureuse en même temps. Wow… Il fallait le faire…

Bien entendu, cette histoire-là, ça n’arrive qu’aux autres. Tout le monde ici présent regarde bien sûr le banc de parc où somnole l’itinérant plutôt que la grosse cabane en bois ronds juste au bord du lac. 😉 Bien entendu, vous n’avez jamais regardé les photos de votre amie en vous disant que son voyage dans le Sud avait l’air bien plaisant… Non, vous êtes de ceux et celles qui usent de leur jugement critique et vous êtes persuadés que la fiction côtoie trop souvent la réalité avec Internet.

Inutile de vous faire la morale. Vous l’avez saisie. Soyez fiers de ce que vous accomplissez et possédez au quotidien et regardez vers demain plutôt que le voisin…

 

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