Je procrastine. Tu procrastines…

16 mai 2018 - Marie-Pier Tremblay

Procrastiner. Une fâcheuse habitude qui nous met parfois dans l’embarras.

Pourquoi remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui ? Euh… Parce que,  c’est plate ? ! La vaisselle, le rangement, les devoirs… les tâches qu’on remet à plus tard sont rarement excitantes. « On les appelle tâches aversives, précise le psychologue Tim Pychyl, professeur de psychologie à l’Université Carleton et fondateur du Procrastination Research Group. Elles sont ennuyeuses, frustrantes, on en a peur ou elles nous causent de l’anxiété. On veut les éviter à tout prix, et le moyen le plus simple est de les remettre au lendemain. » Résultat ? On procrastine.

La procrastination est en fait un mécanisme de défense du cerveau contre les émotions négatives… avec un soupçon de dramatisation. On exagère la portée de l’émotion négative qu’engendre la tâche pour justifier de la reporter à plus tard.

« Mais c’est un choix, ajoute-t-il. On a beau se trouver des excuses… Il y aura toujours la voix de la raison pour nous sermonner. On sait pertinemment qu’on se met dans le pétrin en agissant de la sorte. »

Pourquoi moi ?!

Il nous arrive à tous de procrastiner de temps en temps. Mais certaines personnes le font… tout le temps (ou presque).

Ne criez pas trop vite aux paresseux ! La procrastination a ses raisons (que souvent le procrastinateur ignore). « Il s’agit généralement d’une difficulté d’organisation, affirme la neuropsychologue Johanne Lévesque. La tâche est perçue comme une montagne. On ne sait pas par où commencer. Complètement dépassé par la situation, on cherche à l’éviter. »

Dans d’autres cas, le problème est carrément physiologique. Certaines personnes ne produisent pas suffisamment de noradrénaline, un messager chimique impliqué dans l’excitation, le réveil, l’apprentissage et les émotions. Ces gens ne parviennent pas à générer l’énergie nécessaire pour se mettre en mouvement et passer à l’action. Ils se retrouvent alors sur Netflix… à la veille de l’examen.

Malheureusement, il n’existe pas de pilule miracle. La meilleure solution, selon Johanne Lévesque, est de mettre un peu de piquant dans les tâches ennuyeuses (se mettre au défi, se promettre une récompense, etc.). « L’important est de ressentir du plaisir. De cette façon, on profite du sentiment de bien-être procuré par la dopamine et de l’énergie fournie par la noradrénaline, et la tâche devient beaucoup plus facile. »

Procrastination et perfectionnisme

La procrastination systémique peut aussi cacher une anxiété de performance. Les perfectionnistes ont des exigences tellement grandes envers eux-mêmes (tout doit être parfait), que la tâche paraît insurmontable. La meilleure stratégie dans ce cas est de s’accorder du temps pour réviser le travail. On se permet ainsi de progresser en paix, sachant qu’on peaufinera le tout par la suite.

Déjouer la procrastination

Andréa Sirhan Daneau

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