Images trompeuses

21 novembre 2016 - Rédaction Curium

Comment ne pas se faire avoir par la photo et la vidéo?

G20 solidarity protest, Clark Drive, Vancouver. July 4, 2010. (Stephen Hui)
Il y a quelques mois, le site Pégida Québec a publié cette photo sur le web en affirmant que des réfugiés syriens avaient brûlé le drapeau du Canada. On a ensuite découvert qu’il ne s’agissait pas de Syriens mais… de manifestants canadiens lors du G20 de Toronto, en 2010 !

 

PHOTO:

Première étape, on copie l’URL de l’image (ou l’image elle-même) dans l’outil Google Reverse Image Search ou encore dans le moteur de recherche TinEye. Parmi toutes les copies de la photo qui s’affichent, l’originale est celle qui a la meilleure résolution. (La qualité de l’image est notée juste dessous.)

La date est aussi un bon indicateur. La plus ancienne de ces photos risque aussi d’être l’originale. C’est ainsi que l’arnaque de Pégida Québec a été découverte.

Vous pouvez également vous renseigner sur le diffuseur d’une photo. Est-ce un média ? Un organisme ? Ou un simple individu ? Si c’est le cas, des sites comme Pipl.com ou webMii vous en diront peut-être plus sur cette personne.

Des photos du même événement ont-elles été prises par quelqu’un d’autre (avec un angle de vue différent) ? Pour le savoir, suffit de taper quelques mots clés dans Google (Syriens, drapeau, Canada, brûler). Deux sources différentes valent mieux qu’une !

VIDÉO:

En premier lieu, on s’intéresse à la description. (Si elle est en langue étrangère, on utilise Google translate.) On repère les mots-clés du sujet, les acronymes, les noms de lieux, et on balance le tout dans YouTube. On risque alors de tomber sur des copies de cette vidéo.

En utilisant le filtre « Trier par date de mise en ligne », on cherche la première à avoir été publiée et on compare les descriptifs. On a parfois des surprises ! (On peut aussi utiliser des photos de la vidéo – voir texte sur les fausses photos. Il suffit de faire une capture d’écran.)

Autres bonnes questions à se poser :

• Qui est le diffuseur ? A-t-il d’autres comptes (Twitter, FB, etc.) ? Depuis quand sont-ils actifs ?

• Retrouve-t-on dans le titre les extensions .AVI ou .MP4 ? (Cela indiquerait que la vidéo a été directement téléchargée, bon point.)

• Y a-t-il une mention « uploaded via YouTube capture » ? Ça indique qu’on a filmé la vidéo directement sur YouTube… avec un cellulaire !

Les sites Wikimapia ou encore Google Earth’s Terrain View sont de bons outils pour s’assurer que l’événement filmé se déroule bel et bien dans le lieu indiqué. Plusieurs lieux (monuments, édifices, entreprises, places et parcs) de partout dans le monde y sont répertoriés. On a ainsi découvert que certains paysages dévastés par l’ouragan Sandy se situaient dans des États non touchés. Et qu’une manifestation d’étudiants de Port Said… ne se passait pas du tout à Port Said ! Tout ça après avoir visité virtuellement les rues autour de la faculté d’éducation.

Enfin, il faut avoir l’instinct du détective. Est-ce que quelque chose cloche dans la vidéo ? La vidéo d’un aigle attaquant un bébé dans un parc de Montréal en a berné plusieurs. Jusqu’à ce que des experts décèlent quelques incohérences.

Texte: Jade Bérubé

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