Par Justine*, 15 ans

 

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« J’ai 15 ans et je suis amoureuse de mon prof de français.

Il était venu faire de la suppléance dans ma classe l’année passée et j’avais eu un gros kick. Pendant toute la période, j’avais le goût de pleurer et de rire en même temps. J’étais toute mêlée.

Quand j’ai su que ça allait être mon prof cette année, je capotais ma vie. Le voir aussi souvent, c’était comme un rêve qui se réalise. C’est sûr que c’est une super bonne motivation pour aller à l’école ! C’était déjà le cas l’année dernière parce que juste de savoir que j’étais dans le même endroit que lui, toute la journée, ça me mettait de bonne humeur. Je pouvais le croiser dans les corridors. Quand je le croisais, ma journée allait bien. Super bien. Suuuuuuuuper bien. Il me disait toujours « Bonjour mademoiselle *Justine ». Et il regardait par terre ensuite. Aaaaaah ! ! !

Cette année, dans le cours de français, j’étais pas capable d’écouter, de prendre des notes, j’avais chaud, je le regardais parler en avant et je savais pas ce qu’il disait. Ma phobie, c’était qu’il me pose une question, et que ça paraisse que je suis pas « toute là ». Mais c’était génial parce que je pouvais le regarder autant que je voulais sans que ça paraisse.

Je sentais aussi qu’il y avait quelque chose entre nous deux. Quand il me regardait. Il se passait… quelque chose.

Jusqu’à la semaine passée, tous les soirs, quand je me couchais, je me faisais des scénarios du genre : il me suit après l’école et il me dit : j’ai quelque chose à te dire… J’en avais des frissons juste d’y penser.

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Mais la semaine passée, je l’ai croisé sur la rue. Avec sa blonde. Il m’a saluée comme si j’étais pas importante. Il avait l’air super amoureux d’elle, ils marchaient collés et ça m’a tellement fait mal ! Il m’a presque pas regardée.

C’est l’homme de ma vie et j’ai le coeur brisé. 🙁   »

*Le nom a été changé par souci de confidentialité.

 

LA RÉFLEXION DE LA RÉDAC:

(Par la docteure Sophie Leroux, psychologue)

Voici une situation qui n’est pas facile à vivre, beaucoup plus fréquente que l’on pourrait croire.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il s’agit là d’un fantasme, c’est-à-dire une situation imaginaire, illusoire, qui est alimentée selon les besoins, conscients ou non, de la personne. On peut fantasmer à tout âge et dans différents contextes.

Dans le cas présent, la réalité fait en sorte qu’un enseignant ne peut pas avoir de relation (amoureuse ou sexuelle) avec son étudiante, notamment parce qu’elle est mineure, mais aussi parce qu’il est en position d’autorité et de pouvoir et qu’il se doit de rester objectif lors des évaluations scolaires.

Nous voilà donc dans une impasse. Si le professeur cède, il est dans le tort et s’il refuse ou bien ignore l’étudiante, elle le vit comme un rejet. La réalité peut être difficile à accepter, elle implique une forme de deuil, surtout quand des sentiments amoureux sont ressentis.

Ce deuil permet toutefois une ouverture vers une nouvelle relation avec un garçon, qui sera, cette fois-ci, disponible et intéressé.

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Nous pouvons même le faire sous forme d’entrevue et l’écrire pour vous. 🙂

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Commentaires

  1. Karmen dit :

    J’aime actuellement mon prof de français, le problème étant qu’il me laisse penser qu’il me prend pour une crétine parce que mes notes sont mauvaises, même si je suis forte en français… Au début de l’année il pouvait passer un temps fou à me regarder et il s’intéressait un peu à moi mais depuis peu il s’est « éloigné ». Ça me rend vraiment triste d’autant plus qu’il ne me reste plus qu’un mois et demie de cours au collège vu que je suis en troisième…

  2. Lauraine dit :

    Je me souviens de mon prof de français, il était beau merveilleux gentil, il me soutenait à chaque conseil de discipline car j’étais une fille bordélique. Il m’a toujours soutenue, une fois il m’avait convoquée car j’avais fait une bêtise dans la classe. Quand il m’a convoquée seul à seul dans la classe , je le regardais mais timidement, et il m’a dit: tu me déçois. Pour moi, quelqu’un qui me dit cela, c’est qu’il m’aime bien et qu’il veut que je sois meilleure. Il ne m’a jamais rien dit de spécial mais il me regardait, me donnait de bonnes notes et m’encourageait. Et puis j’ai voulu lui écrire une lettre d’amour. J’ai hésité puis à la fin de l’année, je lui ai dit vous allez me manquer et il m’a dit « moi aussi ». Mais il est marié, c’est difficile.

    C’était un prof de francais dans le collège de Guadeloupe, il s’appelait Julien avec des yeux verts. Et son nom commence par un D.
    Aujourd’hui, je regrette et je vis avec ce regret de ne pas lui avoir dit la vérité sur mes sentiments. Il me reste que des souvenirs.

  3. Rose dit :

    Je ne suis pas d’accord…Oui, dans la plupart des cas il s’agit de fantasmes mais il ne faut pas faire de généralités… Ce genre d’histoire m’est arrivée il y a quelques années. Maintenant, j’ai quelqu’un mais je souffre toujours autant de cette déchirure, le même manque depuis toutes ces années est toujours présent. Toujours à espérer le revoir. Bien que je sais absolument que c’est impossible (surtout avec la pression que les gens mettent entre l’écart d’âge, et aussi car il a une famille). Et je ne suis pas la seule dans ce cas, un homme a également témoigné, disant que cela fait plus de 10 années qu’il n’a pas revu l’une de ses profs et qu’elle lui manque toujours autant. Donc bon… C’est bien gentil de dire « fantasme », mais il faut connaître toute l’histoire derrière et ne pas juger aussi vite surtout.

    • Jade Bérubé dit :

      En fait, le mot fantasme ne minimise pas la situation… Ce n’est en aucun cas un jugement. La définition du mot fantasme, c’est le scénario imaginaire de la réalisation d’un désir. Autrement dit, fantasmer, c’est désirer quelqu’un sans qu’il n’y ait passage à l’acte. Dans le cas ici, c’est exactement ce qui s’est passé. Il n’y a eu aucun passage à l’acte. C’est donc resté dans le domaine du fantasme. Ceci n’enlève en rien l’importance du sentiment éprouvé.

  4. Jessy dit :

    Ce texte est vraiment bon. En réalité, ces fantasmes surviennent à maintes reprises dans nos écoles. Certains l’avouent d’autres pas… Excellent !

    Merci à « Justine » d’avoir écrit à Curium. Cela prend du courage de le faire.

    Un beau bravo !

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