La chasse aux sorcières

11 juillet 2017 - Rédaction Curium

Un texte de Jessy Grenier

 

Il fut un temps où l’on persécutait les gens qui étaient différents. On les pourchassait dans le seul et unique but d’enrayer ce qui était nouveau, hors du commun. Apparemment, la différence faisait peur et était une raison valable pour faire du mal à un être humain. Bizarre, non ? Ces fameuses « sorcières » nous ressemblaient beaucoup après tout. Elles avaient un train de vie différent et essayaient pourtant de se fondre dans la masse. Ces dernières ne faisaient rien de mal en tant que tel. Invoquaient-elles les esprits de la nature pour lire l’avenir ou bien pour guérir leurs maux ? Peut-être. Qui sait. Possédaient-elles un grimoire de formules magiques (l’enfant en moi a toujours rêvé d’en avoir un) ? Peut-être bien. Cuisinaient-elles des soupes vertes fumantes dans une grosse marmite ? Peut-être aussi. Il faut avouer que les sorcières des dessins animés nous idéalisent un peu le tout ! Mais je crois qu’il faut garder son cœur d’enfant pour bien vieillir. Bref, je pense bien que cette horrible chasse aurait aussi bien pu s’appeler la chasse à la différence.

Eh bien, justement, j’ai véritablement l’impression que l’on assiste à un retour de ce mystérieux phénomène (sans la magie noire et le bûcher, heureusement). En tant qu’étudiant (et adolescent à temps plein), je suis en train de me rendre compte à quel point les gens (ce n’est pas tout le monde, par chance) jugent facilement. Si on ne critique pas votre voiture sur sa marque, on s’amusera à rabaisser vos souliers qui ne sont plus à la mode depuis au moins 3 semaines (j’exagère à peine), ou bien on remettra en question vos choix de vie en partant de votre partenaire amoureux jusqu’à la couleur du revêtement extérieur de votre maison (vous voyez le genre?). Ridicule! Cependant, des jeunes allumés, il y en a. Heureusement, des perles à mon école (je ne veux pas vanter les mérites de celle-ci dans ce texte, mais quand même), on en cultive. Oui, nous sommes des ados. Oui, nous voulons tous être différents, mais tous pareils en même temps. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour nous fondre dans le décor ou pour épater la galerie ? C’est une bonne question. Tout est passible de jugement. Après tout, qui décide de ce qui est normal et de ce qui ne l’est pas ? Quelqu’un le connaît ?  N’hésitez surtout pas à m’envoyer ses coordonnées. J’irai le rencontrer personnellement. On a deux mots à se dire.

Pour être heureux, il ne s’agit pas d’essayer de plaire aux autres. Il s’agit d’être nous-mêmes. Nous sommes tous uniques. Et c’est ce qui fait la beauté de la chose. Personne ne souhaite avoir un clone de lui-même (à moins de le faire essuyer la vaisselle à notre place, ça, j’avoue).

Et puis, à l’âge adulte, la situation ne semble guère s’améliorer. Certains croient encore que l’homosexualité est une maladie mentale tandis que d’autres ont peur d’adresser un simple sourire à un passant qui porte le turban (ou à un passant tout court). Parlons-en du sourire. C’est si simple à faire. « C’mon » !  Il s’agit tout simplement de lever chaque coin de lèvre simultanément et, si vous désirez ajouter une plus-value, montrez vos dents. Ouf… Ardue, la tâche ! Mais bon. Pour revenir à mes moutons, je croyais qu’être adulte signifiait être mature, être ouvert d’esprit et tolérant. Mais je crois bien m’être trompé… Encore une fois, je me répète, des  personnes  tolérantes, il en existe par milliers. Je parle de ces bornés qui devaient chasser le mammouth la veille avec leurs pointes de silex. (Personne n’est Cro-Magnon parmi vous ? Je ne voudrais pas vous vexer.)

Peu importe son orientation sexuelle, ses croyances religieuses, son sexe, son âge, son ethnie, l’être humain n’a qu’un devoir, celui de respecter l’autre. L’autre, cela peut-être un passant, un collègue de travail, un frère, une sœur, un ami, une secrétaire, un dentiste, un facteur, une esthéticienne… Peu importe. Nous nous ressemblons tous. Nous avons tous la capacité de raisonner. Un organe incroyable se logeant dans notre boîte crânienne en a justement la capacité. Mais respecter l’autre, ce n’est pas uniquement une tâche biologique qui met en jeu des neurones et leurs synapses, non, c’est également un travail de cœur.

Comme dans toute bonne histoire, il y a une morale. Mais vous me connaissez bien. Comme à l’habitude, je ne vous l’impose pas. Reste que je serais très heureux que vous l’appliquiez dans votre quotidien. Cette fois-ci, il s’agit d’un défi. Un genre de « t’es pas game ». Je vous demande de sourire à au moins un inconnu, et ce, au minimum une fois par jour. Que ce soit au travail, au restaurant ou bien dans la rue. Difficile ? Non ! Parce qu’après tout, je crois bien que la bonté humaine est la meilleure arme que l’on puisse posséder pour changer les choses…

 

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